• Après le Code du #travail, Macron attaque les systèmes de protection sociale
    http://www.wsws.org/fr/articles/2017/sep2017/macr-s06.shtml

    Encouragé par l’appui des syndicats à ses ordonnances mais aussi pressé par une impopularité qui grandit de jour en jour, le gouvernement veut dès le mois de septembre s‘attaquer à l‘assurance chômage, à la formation professionnelle, au logement, à la santé, avant de s‘attaquer aux retraites. La liste n’est pas exhaustive, le Médef ayant déjà signalé vouloir casser le smic (salaire minimum). La « méthode », déjà employée pour le code du travail, reste la même : étroite collaboration avec les syndicats.

    Sous le prétexte bidon d‘augmenter le pouvoir d‘achat des salariés, le gouvernement veut supprimer les cotisations chômage et les remplacer par une augmentation moindre de la CSG, c‘est à dire un financement par l’impôt. Le but à terme est de quitter le système de l‘assurance et d’exonérer le patronat.

    Le tout sera assorti de contrôles des chômeurs que le gouvernement veut« drastiques ». Ceux-ci perdront leurs indemnités s‘ils refusent un emploi, devront accepter des emplois toujours plus précaires et mal payés. En fait une remise en cause fondamentale du droit à l‘indemnisation.

    • Riche rencontre aujourd’hui entre les députéEs du groupe de la France insoumise et la CGT, en présence de Philippe Martinez. Le syndicat nous a fait part de son analyse des ordonnances sur la loi travail.

      Une étude minutieuse du document opérée par les équipes de la confédération permet d’y voir encore plus clair sur la mise en piėce du code du travail prévue par le gouvernement. Alors que le code a vocation à protéger les salariéEs, Emmanuel Macron lui confėre un autre sens : donner davantage de pouvoir aux employeurs. Les négociations par branche ou par entreprise vont vider la notion même de contrat de travail. Imaginez par exemple quand le nombre de CDD consécutifs ne pourra plus être décidé par la loi... Imaginez encore quand la prime d’ancienneté, qui représente parfois plus de 20% du salaire, sera négociée au niveau de l’entreprise... La réalité des conditions de travail sera tirée vers le bas.

      Philippe Martinez a attiré notre attention sur un point sorti du chapeau au dernier moment, selon la méthode du fait accompli de ce gouvernement : la rupture conventionnelle est étendue, elle pourra être collective ! Autant dire au revoir aux plans de sauvegarde de l’emploi..

      Ces ordonnances organisent une jungle là où la rėgle et le droit devraient primer. Car le monde du travail n’est pas celui des bisounours, où patrons et salariés seraient comme des frères. Les rapports y sont asymétriques. Voici le déni de réalité de l’idéologie dominante, aujourd’hui macronienne.

      Notre constat fut donc partagé sur un point majeur : ces ordonnances doivent être combattues parce qu’elles constituent un immense recul.

      Notre échange a porté ensuite sur les initiatives prises pour agir. Le 12 septembre, à l’appel de plusieurs syndicats dont la CGT, Solidaires, la FSU et l’UNEF, les salariéEs vont manifester. Le 23, sous l’impulsion de la France insoumise, une mobilisation marquera un temps fort, politique et citoyen, contre ces ordonnances mais aussi contre le gouvernement Macron/Philippe - pour l’ensemble de son oeuvre (suppressions des emplois aidés, 5 euros d’APL en moins, hausse de la CSG pour les retraités, etc.). Chacune de ses initiatives a sa propre légitimité. La CGT agit en tant que syndicat et tient à son indépendance, comme l’a rappelé Philippe Martinez. Respect. En tant que mouvement politique, la FI souhaite ne pas simplement ferrailler dans l’espace institutionnel ou dans le débat public mais aussi en prenant la rue, en appelant les citoyennes et citoyens à prendre place, ensemble, massivement, dans l’espace public. Dans les médias, on cherche à opposer les deux initiatives. Elles sont pourtant complémentaires. Et il faut travailler à leur réussite respective.

      Clémentine Autain