Pierre Coutil

de celles et ceux qui marchent avec… (enfin qu’essayent).

  • « Le ras-le-bol des personnels se traduit par une augmentation des conflits d’équipe » (Éric Debarbieux, L’Autonome de solidarité Laïque)
    http://www.autonome-solidarite.fr/articles/eric-debarbieux

    Dans les écoles comme partout, lorsque la pression augmente et que le sens se perd, c’est d’abord entre salarié.e.s que la tension s’évacue…

    Le « c’était mieux avant » regrette une école profondément inégalitaire, qui n’était pas confrontée au chômage de masse, aux changements des modèles familiaux, et encore moins à la révolution Internet.
    Malgré des difficultés et des imperfections, l’école s’adapte à ces mutations profondes. Toutefois, ce que j’ai perçu sur le moral des personnels de l’éducation m’inquiète.
    […]
    En 2011, dans les écoles primaires 25% des enseignants parlaient en effet d’un climat dégradé, contre 34% en 2016. Dans le second degré, 38% des personnels se disaient en 2012 insatisfaits du climat de leur établissement, ils sont 48% dans ce cas en 2016, soit près de la moitié !
    Ce malaise ressenti par les personnels est considérable. Il impacte l’exercice du métier, mais aussi la satisfaction qu’il apporte.
    […]
    Le ras-le-bol des personnels est d’abord contre le « système » : médias, opinion publique et surtout l’institution Education nationale. Sa gouvernance est fortement remise en cause par les personnels de l’éducation, c’est-à-dire le fonctionnement hiérarchique pyramidal et la bureaucratie qui en découle.
    Des injonctions perçues comme paradoxales sont aussi soulignées. D’excellentes réformes peuvent passer pour des réformes contre les personnels par manque de concertation, d’information et de formation. L’ajustement des pratiques n’est pas naturel et ne peut se faire simplement parce qu’une circulaire le demande, une loi l’encourage ou un éditorialiste sème le doute.
    […]
    Ce ras-le-bol se traduit en effet par des conflits d’équipe en hausse.

    #éducation #enseignant.e.s #salarié.e.s #conditions_de_travail #métier

    • La rentabilité, je ne sais pas. L’efficacité certainement… mais comme on parle du public et qu’il n’y restera bientôt plus que les sans-dents, tout le monde s’en fout.

      Je discutais de la #LoiTravail avec un artisan qui a vécu aux États-Unis où il a bossé sur des chantiers. Il me décrivait une situation où la précarité (avec des embauches à la journée) est telle que les salariés n’ont plus aucun intérêt à bosser correctement. Au contraire, un travail inefficace ne porte pas à conséquence puisqu’à la fin de la journée on est viré de toutes façons et même… un travail fait en 2 jours plutôt qu’en un porte la promesse d’une ré-embauche éventuelle le lendemain.
      Le capitalisme meurt de lui-même, c’est pour ça qu’il a besoin de l’autoritarisme-qui-vient pour subsister. (Et accessoirement, d’une autre planète à saccager.)