Reka

géographe cartographe information designer - rêveur utopiste et partageur de savoirs

  • Emmanuel #Macron vu par Bernard Friot

    Le camp de la résistance à la « réforme », en se victimisant, s’est mis à penser dans la langue de son adversaire.
    http://www.hors-serie.net/Dans-le-Texte/2017-09-16/Vaincre-Macron-id263

    Vaincre Macron, c’est un ambitieux programme - mais qui a le mérite d’être d’une urgente actualité. A l’heure où les mouvements sociaux reprennent le devant de la scène pour tenter de contrer l’infernal train de « réformes » que le gouvernement macroniste entreprend de nous infliger, il importe de réarmer nos luttes pour sortir de la logique de défaite où se trouve piégée la contestation des travailleurs depuis plusieurs décennies. Ces défaites ne sont pas exclusivement le fait de la puissance et de la détermination du capitalisme à réduire tout ce qui lui fait obstacle ; elles résultent également d’une grande faiblesse stratégique dans le camp de la résistance à la « réforme », qui, en se victimisant, s’est mis à penser dans la langue de son adversaire. Bernard Friot est sur ce point intraitable - et particulièrement convaincant : il est urgent de changer de stratégie. Urgent par exemple, d’arrêter de réclamer un meilleur « partage » de la valeur, urgent de ne plus vouloir « une plus grosse part du gâteau ». S’agissant de gâteaux, il faut changer de braquet : on ne veut pas « une plus grosse part ». On veut la maîtrise de la boulangerie.

    #résistance #résister

    • Les retraités, les chômeurs, les jeunes, les parents ne sont pas improductifs ; ils produisent de la valeur hors de l’emploi et cela doit être reconnu par un salaire. Utopique ? Déjà là, répond Friot. Les retraités de la fonction publique sont en salaire continué, rémunérés à la hauteur de leur grade, c’est à dire de leur qualification, qui ne dépend pas des emplois qu’ils ont pu occuper. Les allocations familiales ont été initialement conçues et calculées comme du salaire (à partir du taux horaire d’un ouvrier spécialisé de la métallurgie) : élever des enfants c’est du travail, ça produit de la valeur, c’est rémunéré en salaire. Les indemnités de chômage ont été initialement conçues comme du salaire versé hors de l’emploi et non pas comme une allocation de ressources pour subvenir à des besoins. Toutes ces institutions initiales, forgées dans leur principe sinon dans les faits en 1946, que le régime général de la sécurité sociale résume et cristallise, ce sont des institutions communistes de la production, qui arrachent la valeur au capitalisme pour en rendre la maîtrise aux travailleurs - tous les travailleurs, qu’ils soient dans l’emploi ou hors de l’emploi, et qui doivent tous être reconnus comme producteurs de valeur économique.

      Depuis, bien sûr, la contre-révolution du capitalisme n’en finit pas de tenter de démanteler cette offensive particulièrement subversive, et Macron est le dernier avatar de cette Réaction bourgeoise qui prétend défaire tout ce que les luttes des travailleurs ont fait. Mais pour le vaincre, il faut cesser de penser dans la langue du monde qu’il veut imposer ; il est urgent de devenir autonomes dans nos manières de penser, de dire, d’agir et de lutter - car l’autonomie, c’est le principe même de la souveraineté populaire qu’il s’agit de reconquérir sur le travail, la valeur et la production.

    • « Produire de la valeur » c’est que le travail donne une valeur à une marchandise à la fin, donc je ne vois pas en quoi élever des enfants, être dans une assoc en étant retraité⋅e ou chômeureuse « produit de la valeur » dans notre société là. Ça aide, participe, à la reproduction de notre forme sociale (élever de nouveaux travailleureuses, etc), mais ça ne produit pas de valeur. @ktche ?