• Le genre : théorie et pratique

    L’#Encyclopédie critique du genre dirigée par Juliette Rennes est beaucoup plus qu’un panorama des études sur le #genre. Elle montre comment le genre réinvente les sciences sociales traditionnelles et fait naître de nouveaux questionnements. Dépassant largement les controverses, la notion de genre révèle l’étendue de sa force critique.


    http://www.laviedesidees.fr/Le-genre-theorie-et-pratique.html
    #théorie #livre #études_genre

    • Comme le disent clairement les différents contributeurs, le genre se réfère moins au produit final qu’au processus par lequel certaines entités (certains corps, certains comportements, par exemple) sont construits et sont perçus comme différents. En d’autres termes, il n’y a rien qui précède le genre, aucune nature pure, non corrompue, ou non affectée par le pouvoir. Comme indiqué en introduction, dans la section sur le corps : « Le genre n’est plus conçu comme une ‘signification sociale’ qui s’ajouterait à des différences naturelles toujours déjà là, mais comme le système même qui façonne notre perception du corps comme féminin ou masculin » (17). Le genre n’est donc pas un paradigme théorique abstrait surimposé sur une réalité sociale (comme le prétendent nombre de ses détracteurs) mais plutôt un concept qui émerge de façon organique de ces différentes études empiriques solidement ancrées dans les sciences sociales. Que ces notices soient basées sur un matériau ethnographique, des entretiens, des archives ou des analyses textuelles et visuelles, elles adhérent toutes à cette vision de la critique, de la remise en question et de l’historicisation de toute idée, surtout celles qui semblent les plus naturelles, inévitables, évidentes ou universelles.

      Ca a l’air passionnant ce livre !

    • L’Encyclopédie critique du genre a été magistralement coordonnée par la sociologue Juliette Rennes avec l’aide d’une équipe éditoriale comprenant deux politistes, Catherine Achin et Alexandre Jaunait ; un anthropologue, Gianfranco Rebucini ; une démographe, Armelle Andro ; un linguiste, Luca Greco, et deux autres sociologues, Laure Bereni et Rose-Marie Lagrave. Comme ils l’expliquent en introduction, les coordinateurs ont choisi d’organiser les différentes notices thématiques selon trois axes : le corps, la sexualité et les relations sociales. Ce sont des thèmes récurrents du livre, trois domaines traversés par le genre mais aussi trois vecteurs permettant d’étudier de plus près les opérations spécifiques du genre. En effet, une des contributions les plus intéressantes du livre est son invitation à constamment penser l’objet étudié et la méthode ensemble. C’est un des sens que je donne à l’adjectif « critique » du titre. Le genre, tout comme le corps, la sexualité et les relations sociales, n’est jamais une simple entité qu’on peut appréhender objectivement une fois pour toute, mais plutôt un mode d’analyse, une méthode, un angle évolutif permettant de lire la réalité sociale. Ainsi, le message général du livre n’est pas seulement que le genre est politique (ce que nous savons déjà) mais plutôt que toutes ces autres notices le sont. Dans certains cas, cette affirmation est évidente (par exemple pour les cas de « filiation », « hétéro/homo », « queer », « race » ou « trans ») ; moins pour d’autres cas (comme « poids », « sport », « taille », « voix », « danse », « animal »).