• @raspa Sur la culture du viol, encore, un point de vue de médiéviste :
    https://www.nonfiction.fr/article-9084-actuel-moyen-age-une-trop-vieille-culture-du-viol.htm

    L’argument des bandes de jeunes Florentins était proche de celui de bien des harceleurs actuels. Aujourd’hui, ils disent : « elle s’est habillée de manière provocante » ; hier, c’était : « elle était de mœurs légères ». Le message est clair : une femme qui n’est appropriée par aucun homme est nécessairement un corps à prendre, et souvent à prendre à plusieurs. Le fait de se trouver sans la garantie d’un mari suffit pour construire la mauvaise réputation et donc légitimer l’agression. Le viol collectif est la punition que la société fait subir à ces femmes soupçonnées du fait de leur indépendance.

    Aujourd’hui, on reste frappé de la prégnance de cet imaginaire. Le corps des femmes reste un objet à conquérir, à s’approprier. Le simple fait qu’une femme s’habille d’une certaine manière, parle un peu plus haut ou le simple fait qu’elle existe indépendamment d’un autre homme en fait une proie légitime pour certains.

    Nous ne vivons pas un « retour au Moyen Âge ». Nous vivons sur l’héritage que le Moyen Âge – et avant lui l’Antiquité – nous a légué. Notre culture considère encore largement les femmes comme des objets ; et parfois, quand ces objets prennent leur indépendance, la violence se libère. Il est temps que chacun en prenne conscience pour que de moins en moins de personnes aient à dire : « moi aussi ».