Reka

géographe cartographe information designer - rêveur utopiste et partageur de savoirs

  • Emmanuel Macron rencontre des difficultés à obtenir un visa pour le Burkina Faso

    http://stateafrique.com/emmanuel-macron-rencontre-des-difficultes-a-obtenir-un-visa-pour-le-bu

    Ce serait jouissif si c’était vrai :) Je trouve l’idée vraiment bonne et me fait penser à la scène géniale du film de Jean Rouch qui montre un anthropologue Nigérien étudier les spécimens parisiens sur la place du Trocadéro... #renversement_des_rôles

    Alors qu’il doit se rendre en visite officielle à Ouagadougou le mardi 28 novembre 2017, Emmanuel Macron n’a toujours pas obtenu son visa. Le président français se plaint d’un traitement humiliant de la part des employés de l’ambassade du Burkina Faso à Paris. Il menace de renoncer à ce séjour pourtant capital pour le Burkina Faso.

    “C’est insupportable tous ces va-et-vient au consulat alors que je remplis toutes les conditions”, peste-t-il.

    Le président français évoque le ton condescendant des fonctionnaires consulaires et dit ne pas comprendre pourquoi son visa ne lui est toujours pas délivré alors qu’il a respecté toutes les conditions posées par les autorités consulaires du Burkina Faso.

    Preuve de liens familiaux et économiques qui obligent le postulant à retourner dans son pays après son séjour au Burkina Faso
    Justificatifs d’hébergement
    Lettre de l’employeur précisant les fonctions exercées la date d’embauche et le salaire mensuel
    3 derniers bulletins de salaire
    Relevés bancaires récents indiquant les mouvements sur une période de trois moi
    Assurance rapatriement…

    Le dossier d’Emmanuel Macron semble complet. Et pourtant, les autorités du Burkina Faso en demandent toujours plus. Il dit craindre d’essuyer un refus, ce qui serait catastrophique.

    • Plus sérieux :

      LE PRESIDENT EMMANUEL MACRON se rend en visite officielle au Burkina Faso dans les heures qui viennent.

      Il prononcera demain matin son ’discours sur l’Afrique’ a l’université de Ouagadougou devant un parterre d’étudiant(e)s et d’officiels français et burkinabé.

      Des sources proches de l’Elysee indiquent qu’un des themes majeurs de son discours sera l’education. Comble d’ironie, le gouvernement du Burkina Faso a decide de fermer les écoles pendant 48 heures, histoire de reserver a son illustre visiteur
      une reception digne des légendes « africaines » de l’hospitalité !
      Toujours, vous le voyez bien, ce complexe servile si typique de ceux qui sont supposes être les garants de notre destinée...

      AU LIEU D’AVOIR A REAGIR A SES PROPOS, Felwine et moi avons pris les devants et avons commis une tribune qui sera diffusée dans la soiree sur le site du ’Monde Afrique’.

      CETTE TRIBUNE EST une analyse sans complaisance de la relation entre la France et ses ex-colonies. Elle s’interroge en particulier sur le point de savoir s’il y a quoique ce soit a sauver de ce rapport, et si oui, a quel prix.

      L’espoir est qu’en publiant cette tribune, l’opinion africaine en particulier disposera d’un outil supplémentaire pour un débat sur l’avenir du continent, mais un débat qui déborde le cadre des declarations officielles et met a nu les contradictions que tout discours gouvernemental cherche a masquer.

    • Je reviens sur ce fil de discussion après avoir lu ça dans « Libération » : le Macron aurait provoqué un "incident diplomatique au cours de sa conférence à l’université et les politicards s’en donnent à cœur joie pour jouer les « vierges effarouchées ». Alors que le bonhomme est au mieux de sa forme et qu’il nous fait du « Macron », à savoir qu’il surjoue (tout simplement) son rôle de président directeur général de la #start_up_France avec force mépris et condescendance envers celles et ceux qui n’ont pas eu l’heur d’être comme lui « bien né·es »

      http://www.liberation.fr/desintox/2017/11/29/macron-a-t-il-cause-un-incident-diplomatique-lors-de-sa-visite-a-ouagadou

      Aiguillonné par une salle survoltée, le président français ne s’interdit pas les traits d’humour. Répondant à la salve de questions d’une étudiante, Macron se fend d’abord d’une longue tirade de plusieurs minutes.
      Il conclut en abordant le sujet des coupures d’électricité et de climatisation qui affecte l’université (à partir de 10:44 dans la vidéo) : « Nous allons demain ouvrir une centrale. J’ai dit quel était l’engagement de la France en matière de renouvelable, et l’engagement que nous allons faire en termes d’investissements dans l’entrepreneuriat, dans les entreprises, pour aider justement le Burkina Faso et tous les pays de la région à développer l’énergie et à lutter justement contre les coupures. »
      Et c’est là que débute le passage qui fait l’objet de toutes les exégèses. « Mais vous m’avez parlé comme si j’étais le président du Burkina Faso ! » Face aux rires et aux applaudissements, Emmanuel Macron s’interrompt et tente de reprendre la parole plusieurs fois. « Et quelque part, interrogez-vous […] sur le sous-jacent psychologique qu’il y a derrière votre interpellation et l’enthousiasme que ça a créé, intime le président français. Vous me parlez comme si j’étais toujours une présence coloniale. »

      Et de lancer : « Mais moi je ne veux pas m’occuper de l’électricité dans les universités au Burkina Faso ! [acclamations, longue pause] C’est le travail du président [applaudissements]. » Le président en question, Roch M.C. Kaboré, décide alors de s’éclipser avec quelques membres de son équipe, ce que remarque Emmanuel Macron, qui lui lance, tout sourire : « Du coup, il s’en va… Reste là ! » A ce moment-là, l’image de la caméra de France 24 permet d’apercevoir un président burkinabé qui salue d’un geste de la main l’assistance en quittant la scène.

      Et Macron enchaîne : « Du coup, il est parti réparer la climatisation », avant de conclure sa réponse « plus sérieusement ». Alors qu’un autre étudiant prend la parole, Emmanuel Macron se tourne vers la porte par laquelle Kaboré est sorti, probablement pour s’adresser au staff qui n’a pas quitté la salle avec lui. Il interroge du regard, en montrant la chaise laissée vide par le chef de l’Etat africain. Puis il hoche la tête et se retourne vers l’assistance, manifestement rassuré.

      #qu'est-ce_qu'on_rigole ...

      Plus sérieusement ;-) et heureusement, à ce sujet, loin de la fureur médiatique touitto-compatible, on trouvera ici une analyse d’une autre qualité : https://burkina24.com/2017/11/30/burkina-faso-le-faso-de-2017-comme-la-france-de-macron-en-1791

      Intelligent, aidé par le contexte de protestation, une lointaine préparation organisationnelle et intellectuelle, puis l’immaturité intellectuelle d’étudiants sélectionnés pour l’affronter, Macron a compris, qu’il réussirait s’il engageait un corps à corps avec eux sur leur propre terrain, l’audace sankariste : « oser inventer l’avenir ! ». Ainsi, il les a poussés à l’arrogance à laquelle conduit forcément la mauvaise manipulation de l’audace et du courage de Sankara sans le génie de l’homme ! Ce génie était simplement du côté de Macron.

      Au-delà de cet incident, la fin du discours permet de cerner la subtilité de la démarche de Macron : « une insurrection économique et financière jusqu’aux plus petites artères du circuit économique, précédé de l’appât culturel ». Si chaque jeune africain est touché, dans le capital de son affaire par le virus de l’investissement français et si l’argument de l’appropriation de la langue et le leurre de la mobilité de l’élite fonctionnent, que restera-t-il de l’authenticité africaine ? Rien. Il s’agit-là ni plus ni moins que de la reproduction économique de la stratégie de Monsanto. Condescendance suspecte contre laquelle Sankara nous a toujours mis en garde !

      Macron ne veut simplement pas que cette citoyenneté nouvelle et ce nouvel État africain se construisent sur les ruines de la France. Mieux, il veut en être le maître d’ouvrage, avec son Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) pour maître d’œuvre. Ainsi entend-il garder, sinon accroître, la marge de sécurité économique nécessaire pour la formulation et la mise en œuvre des réformes incontournables de construction de la France du futur. Mais malheureusement, il ne s’est pas trouvé un seul intellectuel durant tout son parcours pour le contredire. L’avenir se prépare aujourd’hui et Macron veut oser inventer cet avenir africain et mondial pour les Français. Les étudiants n’étaient pas à la hauteur d’un défi où la barre était trop haute pour eux.

      C’est cette vision qu’il a simplement vendue sous une forme enrobée à la jeunesse africaine. Certes, dans le nouvel ordre mondial, tous les pays sont interdépendants et il n’y a aucun avenir pour un pays qui veut établir des relations intéressées à sens unique. Mais, même dans la loi des intérêts partagés, la conquête se fait au plus fort et au plus rusé. Le théâtre du Burkina Faso, pour cette vente aux enchères de la vision macroniste des relations franco-africaines, se justifie par le fait que c’est un théâtre qui donne tout le recul idéologique nécessaire pour l’émergence du nouveau type de citoyen et d’un nouveau type d’État, qui sont en train de s’imposer par cette loi mathématique rappelée par Macron.

      À contrario, dans les autres théâtres, tunisien en particulier qui a connu une révolution similaire, la réflexion n’est pas vraiment neutre à cause de la proximité et de la domination de la pensée islamique. C’est une méfiance qui se justifie certainement et est confortée par la faible emprise de la France sur les pays d’Afrique du Nord, comparativement à ceux du Sud du Sahara.

      Ousmane DJIGUEMDE

      Et du coup, on se dit que les autorités consulaires burkinabées avaient raison d’hésiter à délivrer un visa à Manu l’Macron, représentant d’un pays qui ose encore se prévaloir de l’esprit des « Lumières ».