• #Suicides à l’#hôpital : mourir pour être entendu
    http://www.parismatch.com/Actu/Societe/suicides-a-l-hopital-mourir-pour-etre-entendu-1391846

    La #rentabilité ne fait-elle pas partie du service public ?
    Pas en #médecine. C’est une hérésie. Comment oser dire : “Toi, tu as un cancer un peu métastasé, tu n’es pas prioritaire.”

    Le système de santé était-il obsolète ?
    Pas du tout ! On a des centres de recherche et des secteurs dont l’innovation est reconnue dans le monde entier. Certes, des services devaient être réformés, en lien avec l’évolution des besoins, mais le gouvernement a imposé brutalement sa volonté de réforme. En outre, côté médical, on favorise une course à l’#élitisme. La figure charismatique du professeur des universités-­praticien hospitalier (PU-PH), au sommet de la #hiérarchie, et les usages féodaux d’un autre temps perdurent. Le PU-PH a le pouvoir d’écraser celui qui est trop brillant, surtout en fin de carrière, pour rester le référent. Inversement, le vieux chef de service qui aura tout transmis va se faire dégager par son élève. Quant au directeur omnipotent, il peut casser un service pour le donner à son protégé et asseoir ainsi son pouvoir au sein de l’établissement. Cette lutte clanique brise la chaîne humaine d’une équipe médicale. Le #harcèlement moral entre médecins est terrible, dû à leur formation, très concurrentielle : dès la première année de médecine, ils doivent se positionner dans des systèmes de parrainage. Ensuite, leurs propos restent d’une grande cruauté quand ils intègrent l’hôpital qui devient un bassin de moqueries, d’humiliations et d’isolement, intenables pour qui ne joue pas le jeu.

    #organisation

    • « On ne vient pas se suicider sur son lieu de travail pour rien »
      CHU de Grenoble : suicide d’un neurochirurgien
      http://www.revolutionpermanente.fr/CHU-de-Grenoble-suicide-d-un-neurochirurgien

      Le bloc opératoire est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous. Il y a plusieurs mois, il a été réorganisé, avec des modifications d’horaires et l’impression que l’argent prime sur tout. Cela a même entraîné des grèves. Depuis, beaucoup sont à bout », nous confie ce médecin. « Ces derniers mois, Laurent était éreinté, crevé par ses gardes à répétition. Il avait beaucoup maigri. A certains, il avait parlé de son inquiétude, de son souci pour l’avenir de la neurochirurgie au CHU », reprend le soignant, notant « qu’ici, on oscille donc entre tristesse, colère et inquiétude pour l’avenir ». Un malaise à l’hôpital qui n’a rien de nouveau et qui n’est pas sans rappeler la multiplication des suicides en son sein. Cette année avait vu naître différents collectifs comme « Santé 2017 » qui appelaient à comprendre l’urgence de la situation de ce service public et le mal être des travailleurs hospitaliers de toutes catégories face aux réorganisations froides à coup de coupes budgétaires et d’augmentation effrénée des cadences de travail, le tout avec de moins en moins d’hospitaliers. En somme une volonté par l’Etat de rentabilisation de l’hôpital public dont l’impact ne fait que se ressentir un peu plus chaque jour sur ses employés.

      La direction du CHU, qui préfère de son côté rester silencieuse et qui a lancé une cellule psychologique en interne semble être déjà impliquée dans des cas de maltraitance de ses employés. En effet, « Ce drame s’ajoute à la trop longue liste de suicides ou tentatives touchant les agents de l’hôpital public », explique l’association de lutte contre la maltraitance Jean-Louis Mégnien, du nom du cardiologue qui s’est défenestré le 17 décembre 2015 depuis son bureau à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris (XVe).

      Encore une fois le Parisien nous relève les mots du professeur Philippe Halimi, le président de l’association, qui doit se rendre lundi au CHU de Grenoble. « Nous y avons cinq dossiers de médecins maltraités par leur hiérarchie, dont trois que nous avons transmis au médiateur national. Le neurochirurgien ne faisait pas partie des personnes signalées. Mais il y a visiblement des problèmes à Grenoble.
      D’où l’importance de faire toute la lumière », nous explique-t-il. Une enquête a été mise en place pour clarifier les raisons de sa mort, tandis qu’une réunion du comité d’hygiène, sécurité et des conditions de travail (dont l’existence a d’ailleurs déjà été mise en question dans les sphères du ministère du travail) se tiendra vendredi matin.

    • #lean_management :

      https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/le-lean-management-un-danger-pour-les-salaries-5925.php

      Les techniques du "lean management," mode d’amélioration continue de l’organisation du travail, sont loin de faire l’unanimité. Efficace pour réduire les coûts, il serait, contrairement à sa promesse initiale, un danger pour les salariés.

      Il se présente comme un « repenti du lean management » : pendant douze ans, Bertrand Jacquier a accompagné le déploiement de projets « lean » dans l’industrie. Le jeune ingénieur avait alors l’impression que « c’était une réponse pertinente aux limites du modèle taylorien. » Il est aujourd’hui convaincu que « c’est un facteur de risque pour la santé des salariés ».

      Une conviction qui l’a conduit à reprendre des études de psychologie du travail pour devenir expert auprès des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) au sein du cabinet Secafi. Ce nouveau poste d’observation lui permet de prendre la mesure des dégâts causés par le lean management : « L’intensification du travail, la diminution de la latitude décisionnelle, la perte de solidarité génèrent à la fois des troubles psychosociaux (RPS) et des troubles musculo-squelettiques (TMS). »