alimielle

Les filles sages finissent au paradis, les autres vont où elles veulent.

  • « Qu’est-ce que je fous là ? Ma journée d’intérim auprès des sans-abri hébergés dans les gymnases"
    http://www.rue89lyon.fr/2017/12/15/quest-fous-journee-dinterim-aupres-sans-abri-heberges-gymnases-lyon

    Justine (prénom d’emprunt) est une de ces travailleuses sociales qui ont été embauchées en intérim pour s’occuper de ces personnes. Après trois jours comme intérimaire, elle a préféré renoncer à ce job, « dégoûtée ». Cette jeune professionnelle a sollicité Rue89Lyon pour exposer son témoignage. Nous lui ouvrons nos colonnes. Elle raconte sa première journée.

    7h : On se rend compte qu’il faut allumer la lumière dans le gymnase maintenant et pas à 7h30 comme prévu, parce que la plupart des enfants vont à l’école.
    Les spots s’allument. La lumière du gymnase éclaire si fort après la nuit. 120 lits de camps dans cette immensité. Il y a quelque chose d’impersonnel, de trop collectif. Je n’ai jamais vu un dortoir aussi grand. Cette nuit-là, il y a 117 personnes, dont 53 enfants. La majorité des personnes s’activent pour préparer les enfants. Certains se cachent sous la couverture, tentant d’oublier l’intensité de la lumière.

    10h : On remet les gens à la rue. Ceux qui étaient partis à l’école plus tôt, ne reviendront pas durant la journée. Nous sommes trois idiotes à rester bien au chaud, payer à ranger, trier, organiser, manger, ranger la banque alimentaire. Aucune des tâches ne nécessitait une remise à la rue, bien au contraire, les personnes auraient pu nous aider. Je cherche à comprendre, je ne comprends pas.

    A l’heure de la mise à la porte, je pensais voir un mouvement de foule, une rébellion. A peine : seulement le premier jour, cette famille qui ne voulait pas partir au matin. Les gens partent. Il faut dire que leur position est délicate car la majorité sont des personnes qui n’ont à ce jour pas le statut de réfugié.

    #sans-abris #réfugiés #jungle #migrants