• "Phobies d’impulsion des mères : « Elle se voyait jeter son bébé contre le mur »"
    https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180110.OBS0404/phobies-d-impulsion-des-meres-elle-se-voyait-jeter-son-bebe-contre-le-mur

    C’est une séquence cinématographique qui traverse l’esprit. L’acteur principal (c’est vous) perpètre une terrible et irrémédiable action. Vous vous jetez sous les rails du métro ou y poussez la dame qui attendait distraitement au bord. Vous balayez les jambes d’un vieillard claudiquant. Vous tuez toute votre famille, la nuit de Noël, avec le couteau du fromage. Ou même, vous jetez l’enfant d’une amie par la fenêtre de chez elle.

    C’est un flash. Une possibilité. Un éclat de nerfs. Une rébellion sordide. Un acte anti-civilisationnel que l’on entrevoit une seconde.

    En psy, c’est tout à fait documenté, on appelle ces scénarios intrusifs et la crainte qui en découle des phobies d’impulsion.

    Chez les personnes sans trouble particulier, cela n’a aucune conséquence. Ces images s’écrasent dans la conscience comme une goutte d’eau sur le sol. Pour les autres, qui sont phobiques ou obsessionnelles, ces flashs peuvent devenir envahissants.

    (...) Pourquoi les jeunes mères ? Parce qu’en plus d’être éventuellement phobiques ou obsessionnelles, elles sont épuisées. Parce qu’elles vivent un ébranlement identitaire quand elles donnent naissance à un enfant (je deviens ma mère mais pas la mienne). Parce qu’elles ont entre les mains un être dont la dépendance à elles est vertigineuse.

    (...) Emilie et son compagnon en ont ri parce qu’ils vivent en Suède où ces phobies, qu’on appelle « tvångstankar » ("pensées forcées"), sont décrites dans les guides pour jeunes parents.

    La mère de 27 ans se souvient d’une discussion réconfortante avec des amis, médecins suédois, qui lui ont expliqué que ces pensées étaient bien connues des soignants à l’hôpital lorsqu’ils font face à des patients sans défense.

    #phobie_d'impulsion #pensée_forcée #maternité #accouchement