• Le LBD40 désormais interdit dans les manifestations parisiennes - Paris-luttes.info via @paris
    https://paris-luttes.info/info-exclusive-le-lbd40-desormais-9348
    Place de la Bastille, 1er mai 2017 :

    Une information (volontairement ?) passée sous silence par la presse mais qui va changer les pratiques de la Police (et les nôtres) durant les manifestations

    Le Défenseur des Droits vient de remettre, à l’Assemblée Nationale, un rapport assez conséquent sur le maintien de l’ordre en France.
    Le document fait près de 116 pages d’analyses factuelles avec quelques recommandations.
    http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/Rapport-MO-09-01-18.pdf

    Concernant l’usage du LBD40, le rapport est très critique quant à l’usage de cette arme. Comment ne pas l’être quand la liste des mutilés ne cesse de croître chaque année ?

    Si les recommandations risquent de toutes évidences de ne pas être entendues ni mêmes lues par les parlementaires, une information est retranscrite dans le document et pas des moindres :

    On apprend en effet que le préfet de police (de Paris) a désormais pris la décision de proscrire le LBD40 dans les opérations de maintien de l’ordre au regard de sa dangerosité et de son caractère inadapté dans ce contexte.

    #maintien_de_l'ordre #police #LBD40 #défenseur_des_droits

    • Merci @touti. Une prise de conscience en haut lieu des dangers de ces armes et un meilleur encadrement sont toujours souhaitables, mais il ne faut pas se méprendre sur ce que cette interdiction change. Elle se fait non dans une volonté de remise en question des armes dites « non létales », mais simplement dans une démarche d’amélioration technique :
      https://desarmons.net/index.php/2017/12/01/la-police-municipale-sequipe-dun-nouveau-modele-de-lanceur-de-balles-de-d

      On apprend par un article d’Actu.fr du 24 novembre 2017 que la police municipale de Melun vient d’être dotée de trois nouveaux lanceurs de balles de défense. (...) Il ne s’agit pas du LBD 40 qui équipe depuis 2007 la police nationale, mais le Kann44 produit par la toute nouvelle entreprise REDSCORE, fondée en 2014 et située à Lanester près de Lorient (Morbihan, 56).

      Cela ne règle en rien l’usage, qui est pourtant au coeur des mutilations et des morts entraînées par ces armes. Certes, il n’est pas aberrant, du point de vue du fabricant et des utilisateurs/trices, que les armes permettent une meilleure visée et un tir fiable, mais cela ne résout pas les problèmes fondamentaux posés par :
      1. le fait de tirer sur la foule - cf. Pierre Douillard-Lefèvre :
      https://seenthis.net/tag/pierre_douillard-lefevre

      Sur fond d’hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l’impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D’abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s’imposent aujourd’hui potentiellement contre tous. « En blesser un pour en terroriser mille », telle est la doctrine des armes de la police.

      2. l’augmentation du recours à la violence auquel cet armement incite - cf. Olivier Razac :
      http://www.article11.info/?Olivier-Razac-Penser-les-nouvelles#a_titre
      (il parle ici des Tasers, mais son analyse vaut pour l’ensemble des armes « non létales »)

      D’un côté, il faut bien que cela reste des armes - qu’elles continuent d’être dissuasives, de faire peur. Mais de l’autre, il s’agit de les banaliser. D’où justement l’association d’un rapport ludique avec des usages abusifs.

      et 3. le fait que les yeux et d’autres zones du corps censément interdites se trouvent délibérément visées dans certains contextes :
      https://seenthis.net/messages/537853

      La police nous a tiré dessus au flashball le soir du 8 juillet 2009 à Montreuil, alors que nous étions nombreux à manifester suite à l’expulsion de « La Clinique », un lieu d’organisation ouvert sur la ville. Parmi les six personnes blessées, cinq ont été touchées au dessus de l’épaule, précisément là où la police n’est pas autorisée à viser.

      https://seenthis.net/messages/248694

      Trois jeunes hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers, lors de la manifestation du 22 février à Nantes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’un est éborgné et les deux autres ont peu de chances de retrouver la vue. Sur la page Facebook d’appel à témoignages qui a été créée, plusieurs autres manifestants affirment, photos à l’appui, avoir été atteints par des tirs de #Flashball au visage : sur le crâne avec neuf points de suture, sur la joue ou encore à la lèvre.

    • LBD : Réaction au rapport du défenseur des droits, L’Assemblée des Blessés par la police
      https://nantes.indymedia.org/articles/39746

      2 - Le Défenseur des Droits n’émet que des avis symboliques. Le président de l’assemblée Nationale, François De Rugy, s’est empressé de le rappeler en précisant que ce rapport « n’engage en rien l’Assemblée ». Cela fait des années que le Défenseur des Droits produit des rapports mettant en lumière les violences policières, et que simultanément, le gouvernement arme d’avantage ses forces de l’ordre et que ces violences s’aggravent dans l’impunité généralisée. S’il n’est pas suivi d’effet, ce rapport n’a qu’un rôle cosmétique.

      3 - Il y a quelques années, le Défenseur des Droits préconisait l’abandon du Flash-Ball, la première génération d’arme tirant des balles en caoutchouc. Le gouvernement avait répondu qu’il le remplaçait par le LBD 40, beaucoup plus puissant et plus précis. Aujourd’hui, le Défenseur des Droits prône l’abandon du LBD 40, alors que de nouvelles armes encore plus dangereuses sont données aux forces de l’ordre. Par exemple le PGL-65, qui équipe déjà les CRS, une sorte de fusil mitrailleur qui permet de propulser en rafale des balles en caoutchouc et des grenades sur des civils. Du reste, il n’est désormais plus exceptionnel de voir un policier sortir une arme de service dans une situation de maintien de l’ordre. Le changement de doctrine induit par les Lanceurs de Balles a banalisé, pour les policiers, le fait de tirer sur des individus.