Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • #Heather_Brunskell-Evans : Il est temps de cesser d’invoquer une théorie régressive de l’évolution pour justifier la chosification sexuelle des femmes.
    http://tradfem.wordpress.com/2018/01/30/il-est-temps-de-cesser-dinvoquer-une-theorie-regressive-de-levolu

    Une campagne de réactions hostiles est apparue en parallèle à la campagne #MeToo. Brendan O’Neill, rédacteur en chef de Spiked et farouche défenseur de la liberté d’expression, qualifie de «  chasse aux sorcières  » collective la prise de parole libre des femmes qui dénoncent les comportements sexuels prédateurs des hommes. O’Neill nous explique que «  l’hystérie à propos du harcèlement sexuel est intrinsèquement hostile à l’idée même de justice naturelle, voire, elle la détruit.  » Selon ses dires, des hommes se trouvent «  accusés de faits que seuls les esprits les plus prudes et immatures qualifieraient de crimes ou de délits  ». Il poursuit en évoquant un «  enfer kafkaïen  » et «  une injonction dogmatique à croire les femmes  », avant de conclure :

    «  Le scandale du ‘harcèlement sexuel en politique’ n’est plus seulement bizarre et agaçant. Il devient dangereux, car il repose sur des accusations minces et sur un tourbillon de rumeurs, alliées à une propension peu libérale à croire sur parole toute personne isolée qui pointe un doigt accusateur en hurlant au prédateur.  »

    Réduire la prise de conscience collective des femmes à de l’hystérie est une analyse grossière qui relève de vieux mythes culturels solidement ancrés. Il associe la parole collective de femmes au préjugé contre la vengeresse, isolée, assoiffée de justice sommaire et motivée par le soi-disant geste sans conséquence d’un homme innocent et sans méfiance. Il perpétue également le mythe culturellement ancré selon lequel le témoignage des femmes n’est pas fiable et ne doit pas être cru. Il tente d’attiser la peur à propos de la campagne #MeToo en la comparant à l’irrationalité des chasses aux sorcières du XVIIe siècle, occultant au passage l’idée que ce sont les femmes elles-mêmes qui réclament une justice raisonnée.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/11/15/time-stop-using-regressive-evolutionary-theory-justify-mens-sexual-

    Madame Heather Brunskell-Evans, Ph. D., est sociologue, philosophe et directrice de recherche au King’s College, à Londres. Elle est la porte-parole nationale de la politique visant à éradiquer les violences sexuelles du Women’s Equality Party, administratrice du mouvement FiLia et cofondatrice de l’organisation Resist Porn Culture. Elle vient de publier un nouveau livre intitulé : Born In Your Own Body : Transgender, Children and Young People. ( [Né·e dans ton propre corps : enfants et ados transgenres] Non encore traduit en français)
    #metoo #harcèlement_sexuel #pornographie