marielle

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • Couverture médiatique de la Ghouta : ou comment faire le jeu des djihadistes !
    https://www.les-crises.fr/couverture-mediatique-de-la-ghouta-ou-comment-faire-le-jeu-des-djihadiste

    Comme à chaque fois que les djihadistes (hors Daech) perdent du terrain en Syrie (interventions aériennes russes en 2015, libération d’Alep en 2016…), nous subissons une intense propagande médiatique visant à influencer l’opinion publique pour lui faire prendre parti dans la complexe guerre civile syrienne. Ce parti étant évidemment celui du Quai d’Orsay (administration noyautée par la pensée néoconservatrice) qui abonde quasi systématiquement dans le sens de la politique extérieure des États-Unis.
    Rien de bien nouveau, je vous renvoie à l’ouvrage central de Noam Chomsky : La fabrication du consentement.

    J’en profite également pour rappeler les principes de la propagande de guerre que l’historienne Anne Morelli a énoncés à partir des écrits durant la guerre de 1914 du député travailliste Arthur Ponsonby :

    - Nous ne voulons pas la guerre.
    - Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.
    - Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service »).
    - C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.
    - L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement.
    - L’ennemi utilise des armes non autorisées.
    - Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes.
    - Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.
    - Notre cause a un caractère sacré.
    - Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

    On voit très facilement que la plupart de ces principes s’appliquent parfaitement à la guerre de communication livrée actuellement dans nos médias contre le gouvernement syrien (quoi qu’on pense de lui – et ici nous n’en pensons pas du bien) à propos de la bataille de la Ghouta.

    Où comment L’Immonde [mais pas que] joue avec les cartes ! Edifiant ! @odilon

    #propagande_de_guerre #Syrie #éléments_de_langage #propagande_cartographique

    • Boycottons L’Immonde ! Arrêtons de référencer ces articles !

      Delphine Papin, Responsable du service Infographie-cartographie au Journal Le Monde.

      Mais revenons au Monde. Que fait alors un média mainstream quand les faits viennent contrarier sa propagande de guerre ? Eh bien il tord les faits dérangeants, ou plutôt, il les passe sous silence (un média professionnel de la propagande évitera toujours le pur mensonge, qui peut être assez risqué).

      Illustration : dans la carte précédente, la zone microscopique en bleu est tenue par Ahrar Al-Cham, et il est indiqué que son affiliation est… Ahrar Al-Cham, ce qui ne veut rien dire. " C’est une petite erreur qui a été corrigée " ; Ahrar Al-Cham est donc bien classé “salafiste”, ce qui boucle la boucle…

      Mais avez-vous noté comme le Monde ne s’est pas contenté de modifier l’affiliation de ce groupe ; il a également modifié autre chose qui a toute son importance :
      Eh oui, il en a profité au passage pour “dés-islamiser” Faylaq Al-Rahman, qui est devenu “neutre” ; et donc une bonne partie de la Ghouta semble désormais préservée des islamistes…

    • Il est vrai que l’urgence au Monde, c’est de se moquer du Média, petit média citoyen.

      L’épilogue :
      Après ce grand moment de déontologie, d’honnêteté de l’information et de lutte contre la propagande islamiste, je ne résiste pas pour conclure à vous montrer le tweet de Delphine Papin qui suivait sa carte :


      Petit média citoyen, qui a une énorme différence avec le Monde : il n’a pas de gros moyens (d’où cette petite erreur d’un point de quelques milimètres trop bas) ; mais il est à noter que ces moyens ont été apportés par [les citoyens socios .]

      Car si Le Monde était privé des subventions de l’État, des subventions des actionnaires milliardaires, et des subventions de Facebook et compagnie, il y a belle lurette que ce journal aurait rejoint ses prédécesseurs tels l’Aurore, le Matin ou le Temps, et madame Papin devrait prendre ses crayons de couleur et aller faire des piges ailleurs…