• affordance.info: I’m a digital worker, killing an arab. Chronique de la guerre algorithmique.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/03/im-a-digital-worker-killing-an-arab.html

    Les Captcha font depuis longtemps partie intégrante de notre « expérience utilisateur ». Parfois amusants lorsqu’ils sont détournés, souvent énervants, ils sont omniprésents. On sait depuis longtemps que ces Captcha, loin de leur finalité initiale (distinguer utilisateurs humains de robots malveillants), sont aussi et surtout un moyen d’entraîner des technologies ... diverses. Technologies linguistiques principalement où, reconvertis en travailleurs numériques bénévoles, nous « aidons » à affiner d’immenses corpus, nous permettons aux technologies de reconnaissance optique de caractère (OCR) de progresser et donc aux acteurs économiques disposant desdites technologies d’être plus performants.

    Nous « aidons » et « entraînons » aussi en permanence les technologies de reconnaissance d’images. Car c’est compliqué pour un algorithme de reconnaître une image, ou de différencier deux images présentant de très fortes similarités. Alors nous aidons et nous entraînons tout cela. En permanence. Au détour d’un nombre toujours plus grand de services. Toujours gratuitement. Sans jamais avoir le choix.

    Il y a quelques années de cela, de nouvelles « Captcha » sont arrivées. Sous forme de tableau découpé en 9 ou 12 cases, on y voit des paysages, des immeubles d’habitation, des panneaux de signalisation, et l’on nous demande de « cliquer » sur les cases qui comportent ou ne comportent pas tel ou tel élément.