• Séparation, la part des #femmes | Exploration sociologique intéressante de l’autonomisation des femmes
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    À partir de ces multiples formes de séparation, François de Singly annonce un changement des règles de l’amour conjugal, prioritairement impulsé par les femmes. La montée en puissance du « souci de soi » parmi elles va de pair avec une forme de dissolution de l’agapé féminin, entendue comme amour inconditionnel et marqué par un don sans retour, au profit de la philia, amour marqué par l’exigence de réciprocité. Le processus d’individualisation des femmes aurait ainsi pour conséquence de séparer les amours parentaux et conjugaux : il s’est d’abord traduit par une exigence d’eros féminin tout au long du 20ème siècle, puis désormais par une attente grandissante de réciprocité voire de reconnaissance individuelle. Les relations de #couple seraient gagnées par de nouveaux enjeux, notamment ceux de l’égalité et de la conditionnalité. Les séparations peuvent désormais être motivées par le refus d’une existence routinière – et ce au nom du développement personnel –, ou par l’insuffisance d’un monde commun.

    Exigence conjointe d’agapé pour des hommes qui jusqu’ici y étaient peu habitués, restriction de l’agapé et baisse de l’investissement féminin : l’amour conjugal deviendrait un « amour rationnel, conditionnel, et contractuel ». Dans un ton qu’on lui connaît moins, François de Singly souligne les risques de la « rationalisation des relations intimes », en référence aux travaux d’Eva Illouz, voire de la « marchandisation » des liens conjugaux. Face à ce qu’il entrevoit comme l’entrée du calcul rationnel et de la raison instrumentale dans le couple, il plaide finalement pour un amour qui puisse conserver « l’agapé » et la « philia ».

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