lundimatin

lundimatin paraît toutes les semaines.

    • Cet art qui doit tant au labeur des artisans de tout l’Orient n’est pas l’expression de l’ « excellence française » mais d’un brassage millénaire de savoir-faire et il est particulièrement mal venu à l’heure où l’Occident se referme comme une huître pourrissante face aux migrations que son économie provoque, de s’instaurer en représentants d’une excellence nationale, quelle qu’elle soit.

      Bravo !

    • C’est pourquoi, en attendant le moment où la délicatesse de nos dessins et la beauté de nos fonds figureront sur les assiettes de banquets prolétariens, dans des fêtes de soutien aux grévistes, ou dans les repas de village, de quartier et de zad, nous avons décidé d’agir. Nous avons les moyens de saboter le Bleu Elysée et chacune de ses assiettes comportant un détail du plan du palais présidentiel. Le bleu virera-t-il au rouge quand Erdogan le touchera de sa fourchette et lui explosera-t-il au visage pour lui rappeler son travail de boucher en Syrie et dans son propre pays ? La céramique se brisera-t-elle en morceau pour faire sentir à Poutine ce que nous souhaitons à son empire ? L’assiette émettra-t-elle une odeur nauséabonde à l’instant où Trump l’approchera de ses doigts boudinés ? Nous n’allons évidemment pas vous dire exactement comment nous comptons saboter les dîners d’apparat dont le péteux petit président français voudra régaler les dirigeants les plus infects de la planète. Tout ce que nous pouvons promettre, c’est que nous allons nous employer à mettre des défauts dans les ors, les lustres et les platines.

    • Hier, me promenant. Vu l’espace public squatté par le privé, m’a fait pensé que c’est dès Louis XIV qu’il eut fallut trancher, car son héritage de petit nantis de province perdure encore.
      J’ai vérifié que le parc Raymond VI restait ouvert jusqu’à 20h30 tous les jours. Pourtant les grilles d’accès le long de la Garonne sont fermées, celles vers la Grave aussi. De loin on voit bien un groupe de pingouins qui pérorent au soleil sur l’esplanade de la Garonne et se goinfrent de petits fours tandis que s’affaire une armée de serveurs autour de tables dressées pour l’occasion. Ils montent et descendent les escaliers avec des plateaux, un cordon entoure leur forfait. Il faut vous dire qu’il y a à cet endroit un musée d’art, une sorte d’extension de la royauté qui recompose sans cesse son adoration contemporaine du veau d’or, un entre soi culturel loin du peuple mais avec son argent.
      Leurs voitures rutilantes sont d’ailleurs garées dans la cour du musée, en épi comme il se doit. Et le petit personnel de toute sorte ne manque pas. A l’entrée principale du parc, dont les grilles sont à peine entrouvertes, sont postées en faction des femmes habillées d’un même uniforme, juchées sur des talons pour que leurs fesses paraissent plus galbées, carnet en main pour recevoir les invités. Tout cela donne l’impression que le parc, en sus de la partie musée, a été privatisé pour une réception de haut vol. Mais en fait, pas du tout, il me suffit de pousser la grille pour entrer. Sauf qu’il faut faire ce geste rapidement et avancer d’un pas assuré, être prête à défendre ce petit espace public de promenade, je m’étonne d’avoir le cœur qui bat la chamade. Je m’attends à me faire arrêter par les hôtesses, rien de rien, je passe. Dans l’herbe il y a quelques inconscients, l’intimidation a réussi, le monsieur qui promène d’habitude son petit chien dans les allées du parc a poursuivi par le trottoir et n’a pas osé entrer.