• Ces #femmes dites « difficiles » parce qu’elles n’ont pas voulu se conformer aux #stéréotypes | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/photographie/ces-femmes-dites-difficiles-parce-quelles-nont-pas-voulu-se-confo

    Le titre du livre ne mentionne pas les sous-entendus qui entourent le terme « difficile ». Les femmes fortes, passionnées et déterminées ne se pavanent pas en disant « Regardez, je suis difficile ». Elles ne font que vivre leur vie. Ce terme « difficile » est utilisé par les autres pour décrire ces femmes. Si vous vous moquez de ce que les gens pensent, vous serez considérée comme une femme difficile parce que vous ne faites pas ce que l’on attend de vous. Une femme difficile est donc une femme qui ne fait pas ce qu’elle devrait faire, une femme qui dérange ou une femme qui estime que ses propres besoins, objectifs et désirs sont aussi importants que ceux des autres. L’une des premières critiques du livre m’a dit que la barre était bien basse. Je l’ai remercié d’avoir souligné ce point pour moi. Il ne faut pas grand chose pour être perçue comme une femme difficile. C’est pour cela que nous sommes si nombreuses [rires].

    #sexisme

    • L’histoire de nos vies, @touti et les autres !

      Jane Goodall est l’un des explorateurs National Geographic les plus connus.

      Je ne supporte pas ce genre de phrase. Et je comprends bien qu’on ait peur qu’à dire « l’une des exploratrices », on craigne de ne parler que des femmes, de même que « l’une des explorateurs les plus connues » semble incorrect. Mais quand même, ça pique les yeux dans un article féministe.

      « Jane Goodall est l’une des personnes les plus connues parmi celles qui ont pratiqué l’exploration au National Geographic. »

    • C’est un flux constant d’informations qui vous empêche de penser à autre chose que vous. Du coup, vous finissez par vous dire : « Mon dieu, je joue mal au tennis et je n’y avais jamais pensé avant ! [rires]. C’est de la folie ! ».

      C’est ce que je me suis dit en regardant le très sympa La Bataille des sexes, merci @sandburg.

      Billie Jean King a récemment été mise à l’honneur dans le film Battle of The Sexes. Mais son match de tennis contre Bobby Riggs n’était qu’une petite contribution à son engagement pour l’émancipation des femmes, n’est-ce-pas ?

    • Héhé @aude_v merci du signalement, en plus d’être une femme difficile, j’ai aussi entendu « une femme à qui on ne peut rien dire ». Ainsi mon père se dédouanait de mes reproches de m’avoir laissé travailler à 16 ans juste après la réussite de mon bac dans des conditions d’exploitation indignes : « Ah oui mais toi, on ne pouvait rien te dire. » C’est également sous ce prétexte qu’il cachait qu’il favorisait mes frères.
      Je ne sais pas si vous avez le même retour sur « toi, on ne peut rien te dire » mais je trouve que c’est fort de café de se retrouver avec un pouvoir de castration si fort qu’il vous retombe sur la gueule. D’autant que dès 13 ans mes parents ne se sont plus préoccupés de ce que je faisais. Mon père était juste gentiment misogyne, mine de rien sourd aux femmes, et j’ai mis longtemps à m’en rendre compte.
      Pour ma part je suis fière maintenant de m’être sortie d’une si mauvaise #estime_de_soi ayant commencé à parler à 25 ans, pas que j’étais muette, mais l’effacement était de mise.

    • Moi, ce serait plutôt : « Tu t’engueules avec tout le monde. » Mais quand je regarde de plus près, je m’engueule avec des hommes qui abusent, avec des personnes lâches ou hypocrites qui leur laissent des pistes d’aviation et ne sont pas du tout aidantes, et quand par erreur je m’engueule avec quelqu’un de bien, on se retrouve tôt ou tard, avec encore plus d’estime l’un·e pour l’autre parce qu’on a su aller au-delà de nos différends. Et vu comment je suis conciliante longtemps avec les abuseurs et les hypocrites, je prends ces « Tu t’engueules avec tout le monde » comme un regard sexiste ou de la paresse à comprendre au-delà des clichés. Mais je me fais peut-être des illusions sur moi. Et en effet, quand j’identifie l’abus, je suis dure. Pas difficile mais dure.

      En fait, la femelle n’a pas de consistance idéale : elle est trop molle ou trop dure, trop facile ou trop difficile, elle a un chemin très étroit et qui a intérêt à être discret pour vivre sa vie comme une vraie personne.

    • @aude_v je vois bien ce que tu évoques, trouver sa place quand il n’y en a pas.
      Et c’est effectivement basée sur le principe des #injonctions_paradoxales. La phrase « on ne peut rien te dire » clôt la discussion en renvoyant à l’impossibilité de l’échange, elle fait taire ou se soumettre. Le continuum de ce conflit qui ne peut se résoudre est le reproche même de faire langage avec le sous entendu « parce que tu réponds ». Il me semble que cela recoupe ce dont tu parles où l’interlocuteur impose un point de vue qui vise à ostraciser avec son « tu gueules contre tout le monde ».

      Je suis très sensible au reproche de #déranger, tant pis, parce qu’au final c’est parfois la seule manière d’avancer et qu’il n’existe pas de changement qui puisse être confortable. Pas toujours facile à vivre cependant, mais je m’en revendique, d’ailleurs je monte une asso féministe de ce pas nommée #les_dérangées :)

    • #les_dérangeantes plutôt, parce que les dérangées ça veut dire que nous avons un problème... qui est celui de vivre dans des sociétés sexistes, où les femmes pas soumises, pas discrètes, pas complaisantes, pas utiles à d’autres intérêts que les leurs se prennent de gros coups de trique dès qu’elles la ramènent. Elles s’autocensurent à fond, se censurent les unes les autres quand elles espèrent que ça va adoucir leur sort, etc. Mais ce qui marche, c’est en effet souvent de mettre un coup dans les conventions, même si c’est sévèrement puni, y compris par les copines.

      Je vous glisserai un monument de réponse pas aidante à ma brochure sur ma réduction violente au silence, j’ai pris ça normalement au début et finalement je me dis que c’est encore une meuf qui m’aimerait autrement que je ne suis et qui donc n’a pas sa place parmi mes ami·es (elle en trouvera facilement, des pas comme moi). Elle me dénigre avec une subtilité que j’ai mis quelques jours (dont une nuit de colère et d’insomnie) à comprendre.

      En résumé : c’est ton point de vue, je le respecte tout à fait, voyons, je suis féministe, mais il y en a d’autres...
      Moi, dans l’idéal : oui, je suis au courant qu’il y a des points de vue multiples et je rappelle ce concept, le sujet du texte c’est justement comment la multiplicité de ces points de vue a été refusée au profit d’un seul qui écrasait violemment le mien alors si tu veux me parler d’autres points de vue sans m’en parler, tu vas trop loin ou pas assez, sois courageuse ou lâche mais pas passive-agressive, même si je sais que c’est une ressource précieuse pour les meufs je veux bien qu’on ne joue pas à ça entre camarades - à moins qu’on ne soit pas camarades, allez, bisous, j’ai d’autres relations plus riches et plus saines à entretenir.

    • J’avais aussi pensé à dérangeantes mais ça fait un peu penser à ménage ou déménagement, bref à ranger. Les dérangées me semble plus proches des enragées ou même des salopes, ou des folles hystériques ! et je trouve assez drôle de jouer de cette violence induite.

    • Oui mais dérangées, ça veut dire qu’on est folles alors que c’est la position dans laquelle on est qui nous rend chèvres. Très belle intro de Sabine Lambert dans la réédition des Questions féministes par Syllepses à ce sujet.