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Les filles sages finissent au paradis, les autres vont où elles veulent.

  • Entre voyage et militantisme : les ambigüités du tourisme politique dans l’Etat du Chiapas - RITA - Revue Interdisciplinaire de Travaux sur les Amériques
    http://www.revue-rita.com/dossier-thema-49/entre-voyage-et-militantisme-thema-139.html

    Plutôt que de tenter une typologie artificielle qui ne rendrait que partiellement compte de la diversité des acteurs et des pratiques, retenons les deux pôles entre lesquels fluctuent les pratiques des internationaux séjournant au Chiapas : le « zapatouriste » qui est le touriste le plus ostensible en territoires autonomes, et les militants professionnels, qui sont de manière quasi-permanente au Chiapas. Notons que dans le premier cas, il s’agit de la figure la plus dépréciée à laquelle personne ne veut ressembler, puisque le touriste politique affiche une volonté de se démarquer du touriste « de masse », d’où cette tendance à refouler sur l’extérieur cette catégorie de zapatouriste. C’est la figure qui consomme la rébellion le temps des vacances et qui ramènera chez lui quelques photos du folklore révolutionnaire, un quelconque souvenir de frisson ressenti au contact des rebelles, ou ramènera des objets tels que les poupées zapatistes locales faites par des indiennes dans les rues de San Cristóbal de las Casas. A l’inverse, les activistes professionnels, insérés dans des « réseaux militants globalisés » (Foyer, 2007) se dédient exclusivement à un travail social auprès des communautés autonomes, que ce soit dans un projet autour d’un thème particulier (radio, santé, éducation, agriculture, café, artisanat) ou dans un Centre de Droits de l’Homme. Ces activistes professionnels, que l’on distinguera donc des touristes politiques, sont toutefois les moins visibles à San Cristóbal de las Casas. Pour des questions de temps et de sécurité, ils restent généralement en marge des réseaux touristiques. Entre ces deux catégories, la diversité des profils se décline à partir de variables tels que le temps du séjour passé, les motifs du voyage, qui incluent tant leur expérience politique et militante dans leur pays d’origine que les représentations du zapatisme qu’ils se seront créées à partir des discours diffusés par l’organisation zapatiste dans les réseaux de solidarité.

    Toutefois, si la majorité des voyageurs internationaux ne se reconnaissent pas dans la catégorie des « touristes », ils la mobilisent paradoxalement souvent comme une identité stratégique ou plutôt une identité refuge lorsque celle de l’activiste ou du militant peut devenir gênante, notamment dans les rapports avec les institutions mexicaines (autorités migratoires, police, armée, etc.)

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