• La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la dĂ©cision de quitter le gouvernement »
    ▻https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an aprÚs son arrivée au ministÚre de la Transition écologique et solidaire.

    ▻https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la premiĂšre fois, un ministre a fait le procĂšs du libĂ©ralisme, avouĂ© que les lobbys gouvernent, constatĂ© que la sociĂ©tĂ© (nous) s’en accommode, dĂ©noncĂ© ce que nous savons tous : ce modĂšle est un suicide. Puis il dĂ©missionna.

    Il faut Ă©couter intĂ©gralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hĂ©sitĂ© Ă  l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrĂȘtĂ© la voiture (Ă©lectique je prĂ©cise...) pour Ă©couter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionnĂ© d’entendre un ministre d’état - pour la premiĂšre fois - faire une dĂ©claration, rĂ©pondre aux questions d’une maniĂšre aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en mĂȘme temps rester dans les clous et en mĂȘme temps dĂ©noncer d’une maniĂšre assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais Ă  des millions d’annĂ©s lumiĂšre de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intĂ©rieur, du coeur mĂȘme du pouvoir. Ça faisait aussi quelques annĂ©es lumiĂšres que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincĂšrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’ĂȘtre ni dans la sociĂ©tĂ© du spectacle, ni dans la grossiĂšre langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste Ă  ÉlysĂ©e...). À cĂŽtĂ© de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui rĂ©agissait sur une autre chaine Ă©tait totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventĂ©... Elles et ils parlent toutes et tous de la mĂȘme façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidĂ©ral.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de rĂ©flexion Ă©co-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a mĂȘme toujours Ă©tĂ© ce qui l’empĂȘchaĂźt d’ĂȘtre crĂ©dible (pour moi en tout cas) : le cĂŽtĂ© « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensĂ©e sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiquĂ© cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de mĂȘme Ă©patants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayĂ© (les pailles « bientĂŽt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaborĂ© avec des malfaisants, il exonĂšre ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derriĂšre l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitiĂ© tort).

      DĂ©mission surprise de Nicolas Hulot : le verbatim de son interview
      ▻https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot : Oui. Non, mais attendez
 Je le redis ici : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour attĂ©nuer l’effet de la dĂ©cision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la mĂȘme grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modĂšle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause ?

      LĂ©a SalamĂ© : Vous voulez dire le libĂ©ralisme ?

      Nicolas Hulot : Oui, oui. Mais je l’avais dit dĂšs le dĂ©part, je me suis moi-mĂȘme largement prononcĂ© sur des traitĂ©s comme le CETA et on va en avoir une floppĂ©e d’autres [
] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espĂšre que mon dĂ©part provoquera une profonde introspection de notre sociĂ©tĂ© sur la rĂ©alitĂ© du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique ? La rĂ©ponse est non. OĂč est passĂ©e la taxe sur les transactions financiĂšres ? [
] Le nuclĂ©aire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entĂȘte. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas rĂ©ussi Ă  convaincre, j’en prends ma part de responsabilitĂ©. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas Ă  la hauteur, s’il n’arrive pas Ă  ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin [
]

      Pour ce qui est de la responsabilitĂ© française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les Ă©cologistes patentĂ©s, Ă  comparer aussi avec les autres pays. La France est plutĂŽt leader dans ce domaine lĂ . Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la mĂȘme impulsion, la mĂȘme ambition, la mĂȘme feuille de route, la mĂȘme vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec StĂ©phane Travert. C’est pas l’idĂ©e que je m’étais fait. Je suis rentrĂ© dans un esprit de coopĂ©ration, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a Ă©tĂ© fait [
] sur le glyphosate, contrairement Ă  ce que dit Yannick Jadot, la France a Ă©tĂ© en pointe et elle a montrĂ© le chemin.

      LĂ©a SalamĂ© : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez rĂ©ussi Ă  faire ?

      Nicolas Hulot : On a changĂ© de tropisme sur les pesticides, on est rentrĂ© dans une dynamique qui va nous permettre de se sĂ©parer d’un certain nombre de molĂ©cules. On a programmĂ© la sortie des hydrocarbures. C’est quand mĂȘme des choses qui sont essentielles et importantes. J’espĂ©rais qu’on allait mettre le climat et la biodiversitĂ© dans l’article 1 de la constitution. Mais mĂȘme lĂ  nos sĂ©nateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand mĂȘme une rĂ©volution culturelle, simplement par posture politicienne, Ă©taient prĂȘts Ă  s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpĂ©tuels, alors que l’humanitĂ© a empruntĂ© un chemin tragique
 Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, mĂȘme s’il a des convictions, s’il est isolĂ© dans un gouvernement, s’il est isolĂ© dans la sociĂ©té  Si vous regardez tout l’étĂ©, les rĂ©sistances anti-Ă©oliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nuclĂ©aires, on ne veut pas de centrales thermiques
 Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, Ă  tort ou Ă  raison, qu’est-ce qu’ils proposent ? [
]

      (...)

      Quand on se rĂ©jouit - ça va vous paraĂźtre anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planĂšte ? La rĂ©ponse est non. C’est sur toutes ces incohĂ©rences, ces contradictions. Et puis, dans cette Ă©quation impossible [
] est-ce qu’on essaie un peu d’ĂȘtre disruptif, d’investir dans la transition Ă©cologique. Les investissements qui permettent de rĂ©duire nos dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques qui ne sont pas des dĂ©penses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisĂ© Ă  essayer de sortir un peu de l’orthodoxie Ă©conomique et financiĂšre ? Est-ce que la finance de spĂ©culation qui spĂ©cule sur les biens communs on l’a vĂ©ritablement remise en cause ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phĂ©nomĂšnes se dĂ©rouler et qu’ils sont en train de nous Ă©chapper. On me dit : fixe-toi deux-trois prioritĂ©s. Mais tout est prioritaire ! Les sujets de santĂ©-environnement qui viennent nous exploser Ă  la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des consĂ©quences


      LĂ©a SalamĂ© : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages Ă  faire. D’un cĂŽtĂ©, il y a une urgence Ă©conomique et de l’autre, une urgence Ă©cologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe Ă  la solution. Y aussi des grandes opportunitĂ©s dans la transition Ă©cologique, Ă©nergĂ©tique. Vous avez mĂȘme la possibilitĂ© de passer dans un modĂšle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides [
] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprĂšter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’ĂȘtre parfait, je formule les mĂȘme critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacitĂ© des actions), et il fait partie de la sociĂ©tĂ© du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gĂȘner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens rĂ©le de ces dĂ©clarations, lire ce qu’il y a derriĂšre les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvĂ© exceptionnel. MĂȘme s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dĂ©nonciation et une expression assez concrĂšte du systĂšme Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui mĂȘme, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dĂ©douane pas Hulot de la maniĂšre dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacitĂ© des macronistes Ă  rĂ©cuperer et absorber l’évĂ©nement de la maniĂšre la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me rĂ©jouisse, c’est que cet Ă©vĂ©nement va rester dans la mĂ©moire et contribue Ă  fragmenter encore plus Ă  faire craqueler et discrĂ©diter le systĂšme Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un rĂ©quisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyĂ© le PrĂ©sident comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traitĂ©s europĂ©ens, celui qui pense croissance Ă  tout prix et impose des cures de rĂ©gime toujours plus sĂ©vĂšres pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les mĂ©andres de la rĂšgle d’or et de la rapacitĂ© du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionnĂ© le gouvernement pour son incapacitĂ© Ă  sortir d’un imaginaire prĂ©-rĂ©chauffement climatique et des mĂ©canismes de la dĂ©cision publique dictĂ©s par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nuclĂ©aire
 Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointĂ© du doigt l’austĂ©ritĂ© et le libĂ©ralisme Ă©conomique comme des freins majeurs pour mener une politique Ă©cologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgĂ©taires, on sait trĂšs bien Ă  l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les rĂ©aliser », a-t-il simplement expliquĂ©, dĂ©voilant mĂȘme que des plans sont prĂ©sentĂ©s comme nouveaux alors qu’ils ne sont que rĂ©organisation de budgets existants – par exemple, la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique du logement. Les traitĂ©s de libre-Ă©change, comme le Ceta, contredisent Ă©galement la marche Ă©cologique, a-t-il Ă©galement affirmĂ©. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes nĂ©olibĂ©rales, Nicolas Hulot l’avait pourtant dĂ©montrĂ© dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tirĂ© davantage de consĂ©quences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais cachĂ© sa foi dans la loi du marchĂ©. Hulot a tenu Ă  mener cette expĂ©rience et la conclusion sonne comme un dĂ©saveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, la destruction de la biodiversitĂ©, la folie consumĂ©riste. Hulot espĂ©rait sans doute constituer un rempart Ă©cologiste en macronie mais il s’est trouvĂ© esseulĂ© face Ă  un mur. Comme s’il avait dĂ©couvert Ă  ses dĂ©pens que le gouvernement Ă©pousait la normalitĂ© d’un modĂšle plus soucieux des intĂ©rĂȘts du capital que de la planĂšte. « Le modĂšle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amĂšrement regrettĂ©. À raison.

      Impossible politique Ă©cologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des prĂ©cĂ©dents, comme de l’Union europĂ©enne, est clairement dĂ©noncĂ©e par Nicolas Hulot. L’ancien prĂ©sentateur d’UshaĂŻa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, Ă©corchĂ© la façon dont la politique se fabrique. Le dĂ©fi Ă©cologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre rĂ©gime, les piles de dossiers traitĂ©s toujours dans l’urgence rĂ©pondent au temps court, Ă  d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectĂ©s avec des groupes aux intĂ©rĂȘts financiers contraires aux nĂ©cessitĂ©s environnementales.

      Nicolas Hulot a Ă©galement formulĂ© cet aveu qui interroge la prĂ©sence des personnalitĂ©s de la sociĂ©tĂ© civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-ĂȘtre n’ai-je pas les codes ». Peut-ĂȘtre faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance Ă  pas pressĂ©s. Nicolas Hulot a eu le mĂ©rite de la poser sur la grande table publique, sans dĂ©tour, avec tout le poids de sa popularitĂ© dans notre pays et de sa sincĂ©ritĂ© ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre systĂšme dĂ©mocratique, social, Ă©conomique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      ▻http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • J’ai Ă©coutĂ©, dans le lien fourni au dĂ©but, l’intĂ©gralitĂ© de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio 


      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa dĂ©cision en parlant. Au tout dĂ©but, Ă  plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », oĂč il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus Ă  faire — la sĂ©rie de questions auxquelles la rĂ©ponse est invariablement " non " (dĂ©cidĂ©ment, le glyphosate, ça passe pas, le nuclĂ©aire on touche Ă  rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, lĂ , il se rend compte qu’il est en train de brĂ»ler ses vaisseaux. C’est le sommet de son Ă©motion et c’est lĂ  qu’il prend sa dĂ©cision. Comme indiquĂ© ultĂ©rieurement par L. SalamĂ©, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’oĂč la force du moment.

      AprĂšs, on passe plutĂŽt dans un exercice de damage control, oĂč il ressort les arguments rationnels qu’il a dĂ» ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et oĂč, surtout, il essaye de pas trop fĂącher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutĂŽt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gĂ©rer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gĂ©rer_le_court_terme 
 prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nĂ©cessaire.

      Et c’est lĂ  que je me rappelle son mĂ©tier d’origine : animateur tĂ©lĂ© qui descendait de son survol en ULM pour dĂ©barquer sur un plateau prĂ©parĂ© par son Ă©quipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les Ă©motions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beautĂ© de la nature
 Il sait toujours faire ça vraiment trĂšs bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-mĂȘme avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en Ă©crivant ça, ça me fait penser Ă  Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller

      ▻https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyĂ© » – Politique | L’Opinion
      ▻https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double mĂ©prise : il n’était probablement pas Ă  sa place dans un ministĂšre, vacillant Ă  chaque arbitrage dĂ©favorable. Et pas Ă  sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse dĂ©sormais ouvertement qu’il voulait « changer de modĂšle Ă©conomique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais Ă©tĂ© la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord


    • « Il n’était probablement pas Ă  sa place dans un ministĂšre, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dĂ©nigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, Ă  sa façon en est un Ă©galement ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication prĂ©sidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_AndrĂ© en vis-Ă -vis du Verbatim. Il en sortirait Ă  coup sĂ»r ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phĂ©nomĂšne mĂ©diatique, qui sur ce plan rĂ©ussit sa dĂ©mission. Mais pour le reste... Il dĂ©nonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement Ă©crase la oĂč il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui reprĂ©sentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohĂ©rence de l’autre...
      Par contre, ne nĂ©gligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette dĂ©mission mĂ©diatique !

    • Il dĂ©nonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement Ă©crase la oĂč il existe .

      Tout Ă  fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine Ă  chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous dĂ©crivez, tous, lĂ . Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutĂŽt dire « aucun mĂ©dia de masse ne s’intĂ©resse Ă  ces problĂ©matiques et n’interroge les politiques sur ces problĂ©matiques en y passant le temps nĂ©cessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlĂ© que pour les pailles en plastique... mais Ă  cĂŽtĂ© de cela, il rĂ©flĂ©chissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’Ɠuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comitĂ© de rĂ©daction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complĂšte de la rĂ©alitĂ©.

    • Dix ONG interpellent Macron : la dĂ©mission de Hulot est « une invitation Ă  changer de cap »

      Dans une tribune publiĂ©e jeudi, ces ONG rappellent Ă  Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une dĂ©mission, « symptĂŽme d’une immense incomprĂ©hension ». La dĂ©mission de Nicolas Hulot « est une invitation Ă  changer de cap tout en osant rompre avec la facilitĂ© des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite Ă  un sursaut », Ă©crivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mĂ©sestimer le symbole que reprĂ©sente cette dĂ©mission surprise » qui est « le symptĂŽme d’une immense incomprĂ©hension », conseillent-elles en observant que « la transition Ă©cologique n’est ni une promenade de santĂ© ni un supplĂ©ment d’ñme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment Ă  tous les niveaux de l’Etat, la dĂ©mission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre MendĂšs-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des Ă©cosystĂšmes, l’action n’est plus une option mais une nĂ©cessitĂ©, une urgence, une Ă©thique », pressent ces ONG

      Le « en mĂȘme temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volontĂ© d’Emmanuel Macron de mĂ©nager la chĂšvre Ă©cologique et le chou productiviste n’a pas contribuĂ© Ă  crĂ©er la condition d’une politique Ă©cologique lisible et cohĂ©rente ». « En matiĂšre Ă©cologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en mĂȘme temps’ le glyphosate, la sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique et ’en mĂȘme temps’ le nuclĂ©aire, une redynamisation des centre-villes et ’en mĂȘme temps’ (le mĂ©gacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nĂ©cessaire prĂ©servation de la biodiversitĂ© et ’en mĂȘme temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en mĂȘme temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en mĂȘme temps’ une agriculture paysanne, le libĂ©ralisme et ’en mĂȘme temps’ l’écologie », Ă©numĂšrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, GĂ©nĂ©rations futures, les Amis de la Terre, RĂ©seau sortir du nuclĂ©aire, Action des citoyens pour le dĂ©sarmement nuclĂ©aire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage Ă©nergies et SociĂ©tĂ© nationale de protection de la nature.