• Israël et les juifs américains, le schisme qui vient ?
    ehko - 11 septembre 2018 - Hassina Mechai
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    (...)D’autres en effet ont été moins chanceux que le célèbre journaliste. L’historien irano-américain Reza Aslan sera même « menacé ». Simone Zimmerman, cofondatrice du groupe progressiste juif américain « IfNotNow », lequel s’oppose à l’occupation israélienne ou encore l’écrivain Moriel Rothman-Zecher seront aussi « interrogés ». La militante pro BDS Ariel Gold s’est vue, quant à elle, interdire l’entrée en Israël.
    Mais c’est surtout la mésaventure arrivée à Beinart qui a secoué autant la communauté juive américaine que les autorités israéliennes, où un vent de panique a semblé souffler. Selon le Time of Israël, Isaac Herzog, ancien chef de l’opposition et désormais président de l’Agence Juive, a déclaré « Malheureusement, les dégâts à la réputation d’Israël et des protestations inutiles parmi les juifs de diaspora ont été causés pour rien ». Le groupe libéral juif « J Street », par la voix de sa directrice Yael Patir a averti que « si le gouvernement israélien veut des liens avec l’écrasante majorité des juifs américains, et préserver la démocratie israélienne, les interrogatoires politiques doivent cesser immédiatement ».
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    Cette loi avait déclenché remous et inquiétudes au sein d’Israël, notamment dans la minorité arabe et druze. Mais elle a tout autant inquiété en dehors d’Israël, dans cette diaspora.
    Ronald S. Lauder est depuis 2009 le président du World Jewish Congress (WJC) ou Congrès Juif Mondial. Fédération internationale de communautés et d’organisations juives, le WJC se présente dans sa charte comme le « bras diplomatique du peuple juif ». Soutien indéfectible à l’Etat d’Israël, le WJC, par l’intermédiaire de son président, a pourtant publié une tribune ouvertement inquiète. Lauder avertit : « La question en jeu est avant tout morale, mais la nouvelle législation de l’Etat-nation peut aussi avoir de graves répercussions sur le plan national et international. En Israël, cela accentuera le sentiment de polarisation et de discorde. À l’étranger, Israël peut se trouver associé à un système de valeurs brisées et à des amis discutables. En conséquence, les futurs dirigeants occidentaux pourraient devenir hostiles ou indifférents à l’État juif […]. Tragiquement, les nouvelles politiques ne renforceront pas Israël mais l’affaibliront et, à long terme, elles pourraient mettre en danger la cohésion sociale, le succès économique et la réputation internationale d’Israël ».

    Même l’Anti-defamation League (ADL), a averti solennellement Netanyahou que « des éléments du projet de loi sont susceptibles de miner le caractère démocratique d’Israël, d’exacerber les relations entre juifs israéliens et arabes israéliens et entre Israël et les juifs de la diaspora ». Selon cette organisation dont le but est de soutenir les juifs contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination, des éléments problématiques pourraient amener certains à s’interroger sur « l’engagement d’Israël envers le pluralisme ».
    The American Jewish Committee, Comité juif américain, qui s’est donné pour but de regrouper toutes les composantes juives américaines pour défendre le droit des juifs du monde entier, s’est dit « profondément déçu ». Il regrette les dispositions concernant la langue arabe et le développement de la colonisation juive considérée désormais comme une valeur nationale. (...)