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Le projet e-traces aborde le Web 2.0 dans le contexte de l’instauration progressive d’une société de la surveillance.

  • 1,2 million d’e-mails et mots de passe en fuite après le piratage de huit sites pornographiques
    https://www.nextinpact.com/brief/1-2-million-d-e-mails-et-mots-de-passe-en-fuite-apres-le-piratage-de-hui

    Robert Angelini, propriétaire de huit sites pornographiques a eu une drôle de surprise ce week-end. Nos confrères d’Ars Technica l’ont contacté après avoir mis la main sur une base de données comprenant les adresses IP, les mots de passe, les noms et les adresses e-mail d’environ 1,2 million d’utilisateurs de ces sites. Si les mots de passe étaient chiffrés et salés, réduisant théoriquement le risque de découvrir les véritables clés, ils l’étaient à l’aide de Descrypt, une méthode créée en 1979, dont (...)

    #données #pornographie #hacking

    • http://www.slate.fr/story/168884/porno-amateur-consentement-actrices-bafoue-viol-youporn

      Vomir, c’est le mot qui vient en tête, au fur et à mesure que j’annote le livre dans la marge avec le mot « viol ». D’abord en petites lettres avec un point d’interrogation, puis sans point d’interrogation, puis carrément en lettres capitales, comme pour signifier une envie de crier. Et tous les arguments qui d’habitude viennent en tête pour ranger la réalité dans des cases bien claires s’effondrent face à ce questionnement béant : peut-on parler de consentement dans cet univers où les actrices ont subi dans leur enfance des violence familiales et/ou sexuelles, où elles cumulent des troubles du comportement voire de graves maladies psy avec une grande précarité économique ? Peut-on se laver la conscience avec le mot « contrat » face à des hommes en face qui puent le sexisme, le racisme, la domination masculine et qui jouissent d’humilier et de faire mal, qui sont nombreux à vouloir repousser les limites de ce que les filles acceptent de faire, en leur faisant comprendre que sinon, c’en est fini du gagne-pain ?

      Si le mot « consentement » ressort si affaibli de ce livre, et c’est un euphémisme, c’est d’abord parce qu’on ne s’embarrasse guère de leur demander leur avis, et que beaucoup de choses leur sont imposées, à moins qu’elles ne protestent. « Elle devait avoir deux mecs, finalement, elle en a quatre ! », balance un producteur à propos de Cindy, en forme de blague, comme si c’était un cadeau. Le consentement est ici la plupart du temps tacite, et jamais « positif », c’est-à-dire clairement exprimé, comme le conceptualise la philosophe Manon Garcia. Pire, il est même souvent carrément extorqué. « Non ça me brûle », se récrie Judy, qui refuse une nouvelle sodomie, pratique qui semble déplaire à l’ensemble des actrices interviewées dans le livre, qui se voient pourtant contraintes d’y « passer ». « Mais on a besoin de ces photos ! », insiste son boss, jusqu’à finalement la faire en partie céder. « J’avais dit pas d’anal et ils l’ont fait quand même », lâche Mandy.

      À cela s’ajoute une bonne dose d’inhumanité, qui n’est pas sanctionnable juridiquement à proprement parler, mais laisse comme un goût amer à ce faux consentement. Judy le dit à sa manière, en affirmant que pour elle, un consentement, « c’est vérifier que la fille va bien. Eux, ils ne vont pas aller creuser. Ils le font exprès, ils ne sont pas fous. Il faut qu’ils rentabilisent. Plus ils font de scènes, mieux c’est. Et plus c’est glauque, plus la fille a l’air de se demander ce qu’elle fait là, plus ça marche ». Le témoignage de Dimitri Largo, rédacteur à La Voix du X, distributeur indépendant, est un bon exemple de ce manque total d’empathie : « Les actrices, c’est de la chair à canon. Elles sont complément englouties dans une détresse affective. Et c’est des victimes. Mais t’es victime dans le porn comme t’es victime de faire caissière au Franprix. Moi j’ai pas de pitié pour les victimes. Si t’es perdue, t’es perdue ».

      #victimes #viol #porno