Nidal

“You know what I did? I left troops to take the oil. I took the oil. The only troops I have are taking the oil, they’re protecting the oil. I took over the oil.”

  • Un aspect que je trouve frappant, dans la banalisation des critiques du régime séoudien, c’est qu’on ne parle jamais de Syrie. S’il est désormais bienvenu de rappeler la guerre contre le Yémen, la répression interne (l’arrestation des femmes qui militent pour le droit de conduire, parfois les exécutions d’opposants politiques et de militants chiites), l’extorsion de fond contre quelques milliardaires enfermés dans un palace, parfois l’imbroglio autour de Saad Hariri, la guerre en Syrie est clairement hors de propos ici.

    On s’indigne de sa façon de mener la guerre au Yémen, mais on n’évoquera jamais comment l’Arabie a, avec la bénédiction des occidentaux, pris l’opposition « politique » en main (au moins à partir de 2013), financé et armé la rébellion, et ainsi directement géré la guerre contre le régime syrien. Pourtant, si ce régime odieux est si visiblement brutal et incompétent au Yémen, faut-il croire qu’il a mené une guerre exemplaire et démocratique et respectueuse des populations civiles dans le but d’apporter la paix et la démocratie (et tout et tout), en Syrie.

    À l’heure où la vérité sur ce qu’est la politique américaine resurgit, ou la vérité sur la brutalité saoudienne réapparaît, tu ne dois pas perdre de vue que, si la guerre en Syrie s’est si mal passée, ce n’est pas de « notre » faute, nous qui avons confié les clés de la rébellion « démocratique » syrienne aux Séoudiens, et qui rêvions d’une intervention américaine. (Je te le rappelle : c’est la faute à Fabrice Balanche et à Susan Sarandon.)