Sombre

Negras tormentas agitan los aires.

  • Pétrole, papier, fumée | GEAB
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    Et le pétrole ?

    Si l’on mélange du pétrole à du papier et que l’on jette une allumette, que croyez-vous qu’il arrivera ? Ce petit article est destiné à ajouter à notre liste des caractéristiques du marché du pétrole un phénomène que nous avions commencé à discerner le mois dernier, mais qui prend de l’ampleur à nos yeux. Surtout, ce phénomène nous rapproche d’un « day of reckoning » (heure de vérité) aux conséquences potentiellement cataclysmiques. On sait en effet combien le pétrole reste, malgré sa perte de centralité dans l’édifice économique mondial, le pilier du système monétaire et financier international fondé sur le dollar qui perdure encore aujourd’hui. Plus pour longtemps…

    Comment fait-il pour caracoler à 80$ dans le contexte actuel de transition énergétique et de ralentissement économique des marchés émergents ?

    Rappelons rapidement les principes qui nous amènent à analyser un marché du pétrole structurellement baissier :
    . le pétrole n’est plus l’indicateur-roi de la croissance économique dans un monde de mix énergétique et d’énergies renouvelables ;
    . plus le pétrole est cher, plus se renforce la transition énergétique hors pétrole (donc, plus il est cher moins il sera cher) ;
    . la théorie du « pic pétrolier » a enclenché une fièvre de l’or noir qui a démultiplié les techniques de forage et augmenté les réserves prouvées ;
    . l’OPEP et l’OPEP+ n’ont aucun intérêt de moyen/long terme à un pétrole cher : nous avons déjà analysé que la Russie ne veut pas d’un rouble fort, par exemple, que Mohammed Ben Salman entend enclencher la transition de l’Arabie saoudite hors de sa dépendance au pétrole, que l’ensemble de l’OPEP sait bien qu’un pétrole cher, c’est la mort du pétrole dans un monde où les alternatives existent, etc.

    Mais si les producteurs de pétrole n’ont pas intérêt à soutenir les cours - pas plus, bien évidemment, que les pays consommateurs -, qui les tire à la hausse ? Il s’agit évidemment du système financier que nous décrivions plus haut, entièrement fondé sur la paire pétrole-dollar, formé de mécanismes automatisés de spéculation s’activant et s’auto-entretenant pour l’essentiel en dehors de toute intervention à échelle humaine. Un système qui tourne essentiellement tout seul et qui ne perdure que par la terreur absolue que la perspective de son effondrement génère.

    Actuellement, le verrouillage des réserves vénézuéliennes (300 milliards de barils), iraniennes (157 milliards de barils) et libyennes (41,5 milliards de barils) retire théoriquement du marché 29 % des réserves mondiales (1 700 milliards de barils). De quoi soutenir les cours, en effet !

    (Extrait du GEAB 128 / Oct 2018.)

    #pétrole et #dollar sont dans un bateau ...