• Il y a eu une rapide séquence médiatique, en début de semaine, qui me semble intéressante, avec une ligne d’attaque basée sur la dénonciation d’un complotisme des Gilets jaunes, et l’échec (voire le retournement) presque immédiat de cet axe de communication.

    Après les événements de samedi, le premier axe de communication médiatique a été la dénonciation des violences des manifestants. Mais dès le dimanche, sur les réseaux sociaux, il y a eu un contrefeux très efficace en ligne dénonçant les violences policières.

    Et du coup, il y a eu ce court épisode, je dirais lundi et mardi, durant lequel le discours s’est focalisé sur le complotisme et les fake news (en ajoutant de la dénonciation de RT dedans pour faire bonne mesure), qui circulent sur les réseaux des Gilets jaunes. Avec, explicitement, la dénonciation de fake news qui, de manière fausse donc, montreraient des images de violences policières. (Et donc évidemment, dans le même temps, dénonciation du rejet des médias par les GJ.) J’ai vu plusieurs flux Twitter sur cet axe.

    Sauf que dès mardi après-midi, mercredi matin, l’accusation de fake news et de complotisme s’est retournée très violemment :
    – d’abord parce que les équipes Macron sont elles-mêmes tombées dans le complotisme à deux balles (épisode « les Frères musulmans », épisode « le nom de domaine déposé », et donc « quel est le rôle de Steve Bannon là-dedans », épisode « c’est Poutine qui veut la guerre civile en France »…). Tout ça par des gens très officiels ou très mainstream… et immédiatement ridiculisés sur les réseaux sociaux ;
    – et parce que les images du Burger King ont été « validées » par Libé, et les images des lycéens alignés, à genoux, par l’AFP.

    De fait :
    – la dénonciation de la violence devient inopérante, parce que la violence d’État est « officiellement » avérée, après avoir tenté de se cacher derrière une dénonciation de pseudo-fake news,
    – la dénonciation du complotisme et des fake news est également inopérante, puisque le pouvoir s’y est lui-même livré d’une manière totalement parodique.