• Lille Les contribuables vont financer une partie de l’élection de miss France
    http://www.lavoixdunord.fr/503314/article/2018-12-08/cet-argent-public-que-la-ville-la-mel-et-la-region-misent-sur-les-miss

    Nuits d’hôtel quatre étoiles, Zénith offert, salles de réception... L’élection de Miss France 2019 va générer de l’activité dans la métropole. Sauf qu’une large partie de l’addition va être réglée par l’argent public...


    Conférence de presse le 2 décembre à la mairie de Lille au sujet du concours Miss France. PHOTO STÉPHANE MORTAGNE
    Ils l’ont voulu ? Ils l’ont. À condition d’y mettre le prix. Les Nordistes reçoivent cette année encore le concours de Miss France. Le 15 décembre. Normal, la tenante du titre, Maeva Coucke, a grandi dans la région. Retour, donc, au Zénith de Lille. Comme en 2015. Et ce n’est pas sans conséquences. Qu’on se passionne ou pas pour les concours de beauté.

    Une convention avec miss France

    Car tout le monde est un peu concerné. L’événement a beau être privé, être diffusé sur une chaîne privée, le contribuable va mettre, lui aussi, la main à la poche pour l’accueillir. La ville, la MEL et la région Hauts-de-France ont convenu avec l’organisateur, Miss France Organisation alias le groupe de télévision EndemolShine, d’une convention de partenariat qui fixe les engagements de chacun.

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    Conférence de presse le 2 décembre à la mairie de Lille au sujet du concours Miss France. PHOTO STÉPHANE MORTAGNE - VDNPQR

    Quarante-deux personnes en hôtel de luxe
    Et la lecture du document a de quoi étonner. Les élus n’ont pas mégoté leurs efforts pour gâter la société EndemolShine, à lire la liste des prestations financées par l’argent public : mise à disposition du Zénith pendant sept jours, mise à disposition d’une salle de répétition de 500 m2 au palais Rameau, hébergement de 30 miss et leurs 12 accompagnants en hôtel 4 étoiles pendant 17 jours (petit-déjeuner inclus), restauration des mêmes 42 personnes pendant 15 jours, mise à disposition de deux salles pour un « cocktail partenaires » et un « cocktail after show », prise en charge de la facture d’électricité du Zénith, mise à disposition de 500 places de parking, etc., etc., jusqu’aux frais d’impression des billets d’entrée à la grande soirée de l’élection…

    Une sacrée addition, que les collectivités auront sans doute eu à cœur de raboter grâce à la recherche de sponsors – Damien Castelain, président de la MEL et à ce titre principal financeur public de la manifestation, en donnera peut-être le détail lors du prochain conseil communautaire ?

    Des retombées suffisantes ?
    Et tout ça pour quelle contrepartie ? Quelques espèces sonnantes et trébuchantes (la MEL récupère principalement la recette des ventes de billets, mais même pas l’intégralité, le contrat stipulant qu’elle doit en rétrocéder une partie à Miss France Organisation, par exemple 1 001 places de première catégorie le soir de l’élection), de l’activité économique pour le territoire (le chiffre de 2 500 ou 2 800 nuitées dans les hôtels est souvent avancé) et… des retombées d’image, bien sûr. En d’autres termes, de la pub.

    Une pub de quatre minutes
    Le contrat prévoit précisément la diffusion de « quatre minutes d’images » chantant les charmes de la capitale des Flandres et de sa métropole. Ouf, sauvés. On imagine déjà la cohue quand l’office de tourisme proposera, demain, un juteux « Miss Tour », sur les pas forcément illustres de nos reines de beauté.

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