• Mobilités : le monde rural peut-il se désintoxiquer du tout-voiture ?
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    D’après l’Union routière de France (URF), plus de 90% des ménages vivant dans des communes de moins de 5.000 habitants (moyenne des trois dernières années) sont motorisés.
    Crédits : Regis Duvignau

    Alors que sévit la colère des "Gilets jaunes", la question des mobilités en zone rurale a jusqu’ici été largement sous-traitée par les pouvoirs publics. Pourtant, la loi d’orientation des mobilités espère apporter des solutions alternatives au tout-voiture. Mais le problème semble être bien plus profond.

    "Qu’ils roulent à l’électricité" va-t-il devenir le "qu’ils mangent de la brioche" de 1789, pour reprendre la phrase attribuée à Marie-Antoinette (même si cela est contesté par les historiens) alors que le peuple, révolté, réclamait du pain. Avec les "Gilets jaunes", c’est le prix du carburant qui semble avoir cristallisé la colère du peuple, comme si le gouvernement avait sous-estimé la dépendance d’une partie d’entre eux aux motorisations thermiques. Pourtant, beaucoup de Français s’étaient déjà émus de la décision de limiter à 80 km/h certaines nationales, assimilé à la vision d’un "président des villes", et premier symptôme d’une fracture territoriale.
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    Reste la solution des transports en commun... Pour les communes, c’est un immense casse-tête économique. Elles ont eu beau s’associer à travers des communautés de communes pour mutualiser les moyens, la mayonnaise n’a jamais pris... D’après l’observatoire de la mobilité créé par l’Union des transports publics, l’espace desservi par les transports en commun a augmenté de 25% entre 2014 et 2016 pour atteindre les 40.000 km². Paradoxalement, la population desservie n’a quasiment pas augmenté. Résultat : le coût des transports en commun a explosé mais sans effet sur la population.
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    Le député [Jean-Marc Zulesi, LREM] croit également à la navette autonome qui peut permettre de "résoudre la question du dernier kilomètre". Mais il reconnaît que « cette solution en est encore au stade expérimental ».
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    Pour la chercheuse [Marie Huyghe, chercheuse associée au CNRS], la culture du tout voiture n’est pas un problème mais une conséquence d’une politique urbanistique. Il faut donc traiter le problème par la racine : « Il s’agit de sortir du modèle de l’étalement urbain pour adopter notamment une stratégie de réhabilitation des centres-bourgs, et remettre en cause le modèle du lotissement très consommateur d’espace ». La voiture individuelle comme Totem des mobilités en zone rurale a encore de beaux jours devant elle…

    • « Nous avons fondé French Mobility, un guichet unique pour faire remonter les verrous réglementaires à l’expérimentation. French Mobility déploie aussi des appels à manifestation d’intérêts en coordination avec l’ADEME afin d’accompagner les collectivités désireuses d’expérimenter une solution innovante de mobilité. »

      LREM va nous trouver des solutions vertes basées sur l’exploitation des plus pauvres, sommé·es de croûter. La chaise à porteurs ?

      D’un côté, des néolibéraux se disent que le problème, c’est que le marché des transports partagés n’est pas libéralisé. De l’autre, les urbanistes expliquent qu’avec une si faible densité, il n’y a pas vraiment de marché... J’aurais plutôt tendance à croire les seconds : c’est pas tant la densité de population que la densité de population captive, qui ne peut pas utiliser de voiture perso (super pauvres, vieux et vieilles, personnes handi comme celles que je croisais dans le car du département, trois rotations par jour, quatre usagèr·es en moyenne dont deux qui viennent de l’ESAT). Le problème environnemental, c’est celui d’une société trop riche qui peut se payer une gabegie de bagnoles et aménager tout autour. Le problème social, c’est quand cette société s’appauvrit ou regarde s’appauvrir ses classes moyennes.

      « Il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. » (Serge Latouche)

      devient : « Il n’y a rien de pire qu’une société de la bagnole avec un prix à la pompe qui fait mal. »