• Douai Claude Hermant de nouveau jugé en appel pour trafic d’armes de guerre Lakhdar Belaïd - 10 Janvier 2019 - la voix du nord
    http://www.lavoixdunord.fr/518810/article/2019-01-10/claude-hermant-de-nouveau-juge-en-appel-pour-trafic-d-armes-de-guerre

    Jusqu’à ce jeudi soir, et depuis hier, la cour d’appel de Douai revient sur le trafic d’armes de guerre imputé à Claude Hermant, ancienne figure de l’ultradroite lilloise. Certaines ont fini entre les mains du terroriste Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher parisien. Ce jeudi matin, le parquet a réclamé une confirmation de peine, soit sept ans de prison.

    En septembre 2017, à Lille, le premier procès de Claude Hermant et de cinq autres prévenus s’était ouvert sous très haute surveillance.

    En octobre 2017, Claude Hermant, 55 ans aujourd’hui, écope d’une peine de sept ans de prison. Aurore Joly, sa femme, est, elle, condamnée à cinq ans, dont trois avec sursis. Samir Ladjali, présenté comme un intermédiaire à destination de clients dans la pègre, se voit infliger une peine de cinq ans. Sébastien L., douanier dont Hermant a été un temps l’indicateur, se voit infliger huit mois de prison avec sursis. D’autres condamnés n’ont pas fait appel. Ce jeudi matin, l’avocat-général Bernard Beffy a globalement réclamé une confirmation de ces peines.

    Dans ce dossier, il est question de près de « 470 armes commandées » de 2013 à 2015, relève le magistrat. « Il s’agit d’armes à blanc », rappelle Claude Hermant, à la barre. Comprendre : elles ont été démilitarisées avant leur importation de Slovaquie. « Foutaises ! », contre-attaque le représentant du parquet. Pas seulement parce qu’Hermant est accusé de les avoir remises en service. « Foutaises », à propos de toute la stratégie de Claude Hermant, fondateur de l’ex-Maison flamande, lieu de vie identitaire à Lambersart. Ce dernier se présente comme spécialiste de l’infiltration. Il aurait acquis et vendu des armes à des caïds au profit des services de sécurité. « Sur ces 470 armes, 43 ont été retrouvées, dont les cinq en possession d’Amedy Coulibaly, rappelle Bernard Beffy. M. Hermant, vous vous présentez en homme d’honneur. Vous dites : « J’ai rendu service à mon pays. » Je suis choqué ! »

    L’une des originalités de ce procès concerne Samir Ladjali. À la différence de Claude Hermant, ce Roubaisien comparait désormais libre. Défendu par Cherifa Benmouffok, Ladjali est soupçonné d’être l’homme par qui des armes du réseau Hermant ont pu parvenir à Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher de Paris. En décembre dernier, le parquet de Paris, dans le cadre du dossier des attentats terroristes parisiens de janvier 2015, a finalement rendu des réquisitions de non-lieu en faveur de Ladjali. À la juge d’instruction de trancher désormais. Ladjali doit cependant faire face à un article du site Mediapart assurant que l’enquête parisienne néglige des éléments le concernant. Condamné à quatre ans de prison à l’issue du procès lillois de 2017, n’ayant pas fait appel, un ancien proche de Hermant, surnommé Tof, aurait approché de très prêt la mouvance Coulibaly, assure également Mediapart, précisant que cet homme ne sera pas mis en examen dans le dossier parisien. Pour l’avocat général Beffy, il reste à charge contre Ladjali 170 armes ayant pu être « injectées dans la délinquance ou dans le terrorisme ». « Pour Paris, ce n’est pas lui, c’est un autre autre », contre-attaque aussitôt Me Benmouffok, soutenant bien entendu le non-lieu escompté. Délibéré le 7 février.

     #claude_hermant #lille #amedy_coulibaly #identitaires #extrême_droite #attentats #troisième_voie #charlie_hebdo #france #armes #police #extrême_droite_radicale  #la_citadelle #agressions_&_violences #trafic_d'armes #terrorisme #collusion #génération_identitaire