• Comment Bucarest s’emploie à couler Naval Group en Roumanie
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    Crédits : Naval Group

    C’est un peu la chronique d’une trahison de la Roumanie annoncée. Un air de déjà vu en Pologne. Bucarest a suspendu l’appel d’offres qui avait été pourtant gagné par Naval Group.

    Et ce qui devait arriver, arriva. La Roumanie ne voulait pas que Naval Group gagne un appel d’offres pour la fabrication de quatre corvettes que le groupe naval français avait pourtant gagné. Car ce dernier a présenté la meilleure offre financière pour la fabrication de quatre Gowind fabriquées en Roumanie : 1,2 milliard d’euros, contre 1,25 milliard au néerlandais Damen et 1,34 milliard à l’italien Fincantieri, l’allié de Naval Group. Ce qui a beaucoup embarrassé Bucarest, notamment l’homme fort et trouble de la Roumanie, le président social-démocrate de la Chambre des députés Liviu Dragnea, qui a cherché tous les moyens pour disqualifier le groupe français ou casser l’appel d’offres.

    Après la Pologne et l’affaire des hélicoptères d’Airbus, la Roumanie, qui avait pourtant assuré que le résultat serait publié le 12 janvier, franchit à son tour une ligne jaune sur le plan diplomatique avec la France. Qui plus est au moment où la Roumanie a pris pour six mois la présidence de l’Union européenne (UE).

    Comme par hasard, Bucarest a donc suspendu vendredi l’appel d’offres. C’est donc la chronique d’une trahison de la Roumanie qui s’annonce… La suspension de l’appel d’offres est le premier pas de cette volonté roumaine d’écarter Naval Group. C’est le secrétaire d’Etat en charge de l’Armement Andrei Ignat, chargé de la procédure de l’appel d’offres, qui a suspendu la procédure en invoquant notamment des soupçons d’illégalités. Il a présenté un rapport au ministère de la Défense et a informé que le département de l’Armement avait saisi le bureau du procureur militaire en raison des «  soupçons raisonnables liés à de possibles illégalités perpétrées pendant la procédure d’attribution qui auraient pu compromettre les intérêts de sécurité nationale  », explique-t-on à La Tribune.

    Selon le ministère, le chantier naval SNC basé à Constanta (est), le partenaire de Naval Group, a, de son côté, demandé «  l’annulation  » de la décision du gouvernement en vertu de laquelle cet appel d’offres avait été lancé début 2018. La procédure de passation a donc été suspendue jusqu’à la clarification de ces deux procédures.