alimielle

Les filles sages finissent au paradis, les autres vont où elles veulent.

  • De la nécessité d’abolir le système pénal : entretien avec Gwenola Ricordeau (1ère partie) - Etat d’Exception
    http://www.etatdexception.net/de-la-necessite-dabolir-le-systeme-penal-entretien-avec-gwenola-rico

    Toutefois, pour être pédagogique, j’estime que l’abolitionnisme peut se définir par cinq aspects :

    L’abolitionnisme pénal, aussi bien les développements théoriques que les luttes, part d’une critique du fonctionnement de la justice pénale comme n’étant pas juste d’un point de vue social, c’est-à-dire qu’elle participe des oppressions liées à la race, au genre et à la classe en particulier.
    Un autre aspect commun aux abolitionnismes consiste à réfuter l’idée que l’abolition serait un idéalisme ou une forme d’utopie : l’abolition est au contraire considérée comme un objectif réaliste qui peut être mis en pratique. Tout le monde convient que le système pénal crée des problèmes ; les abolitionnistes rétorquent que le meilleur moyen de les résoudre concrètement est d’abolir ce système pénal.
    Le refus d’une position « angélique » consistant à dire qu’après la révolution tous les problèmes posés par le système pénal seront résolus. Les abolitionnistes affirment que les conflits (appelés « situations problématiques ») sont inhérents à la vie sociale et que l’abolitionnisme pénal est une manière de les régler sans passer par l’État.
    Le refus de déléguer à l’état ou à des experts la résolution de ces situations problématiques. L’idée est que les personnes concernées (qu’elles aient causé ou subi des torts) sont les mieux placées pour aider à la résolution de la situation problématique. L’abolitionnisme refuse de déléguer (comme c’est le cas avec le système pénal) à une institution ou des personnes extérieures à la situation problématique sa résolution.
    Contestation de l’idée que la prison puisse être réformée. On connait la phrase de Michel Foucault dans Surveiller et punir : « La « réforme » de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même. Elle en est comme le programme ». C’est l’idée sur laquelle se fonde la position abolitionniste pour se distinguer de la position réformiste. Partant de là, il y a un refus de remplacer la prison (et par extension le système pénal) par quelque chose d’autre. Si on considère que la prison et le système pénal font du tort à la société, en particulier à certaines catégories de la population, il ne faut pas remplacer ces institutions, mais bien les supprimer.

    #prison #abolitionnisme #répression #enfermement