Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • Chers clients, - Lettre ouverte aux acheteurs de sexe -
    signée par trois jeunes survivantes de la prostitution
    http://tradfem.wordpress.com/2019/03/18/chers-clients

    Lorsque nous avons appris que Robert Kraft, propriétaire des Patriots, venait d’être accusé d’avoir acheté des services sexuels (1), nous avons ressenti de la colère et du désarroi. Mais vu notre expérience en tant que survivantes de la traite, nous savons que la véritable histoire ici ne se limite pas à un seul homme. La vraie histoire, c’est vous tous qui pensez qu’il est acceptable d’acheter quelqu’un. Alors voici ce que nous voulons que vous, les prostitueurs, sachiez :

    – Nous sommes des êtres humains. Nous ne sommes pas des jouets ou des objets sexuels. Nous avons des sentiments. Notre exploitation a commencé avant l’âge de 15 ans, comme c’est souvent le cas dans l’industrie du sexe. Parce que quelqu’un en qui nous avions confiance a profité de nos vulnérabilités, nous avons été amenées dans une industrie qui nous a volé notre enfance.
    – Le pire dans « la gaffe », c’était de devoir baiser avec des étrangers : oui, vous. Après, on se sentaient sales. On n’arrivait pas à débarrasser notre peau de cette sensation. Imaginez ce que vous ressentiriez si vous ou quelqu’un que vous aimez étiez à notre place.
    – Plus vous nous achetez, plus nous souffrons. Pour coucher avec vous, on a dû se dissocier. C’était comme si on n’était même pas là quand c’est arrivé. Vous aviez peut-être nos corps, mais pas nos âmes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.bostonglobe.com/opinion/2019/03/18/opinion-dear-johns-open-letter-sex-buyers/utcec5ZqYwKRHBzrXAlk0J/story.html

    #système_prostitutionnel #témoignage #violences_masculines