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L’émission « Offensive Sonore » est diffusée un vendredi sur deux sur Radio Libertaire de 21h-22h30 (89,4 Mhz) en alternance avec « Les amis d’Orwel ». www.b-a-m.org

  • http://www.abcdrduson.com/mixtapes/libre-mix-rap-algerien

    « Pourquoi nos soleils sont-ils emprisonnés ? Pourquoi nos soleils sont-ils enterrés ? […] Je suis libre en Algérie, ma patrie, la mère des martyrs. » Ces paroles chantées en juillet 1969 à Alger, en langue arabe par la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, lors du tout premier festival panafricain, ont un échos tout particulier cinquante ans plus tard. Les paroles du morceau « Ifriqiya » écrites par Mustapha Toumi auraient parfaitement trouvé leur place sur les pancartes brandies par les trois millions d’Algériens présents dans les rues du pays ce 1er mars 2019. À cette époque, Miriam Makeba glorifiait la liberté procurée par ce sol algérien récemment indépendant, elle qui deviendra algérienne en 1972, alors exilée de son pays depuis 1959. Aujourd’hui, les Algériens cherchent à retrouver ce vent de liberté légendaire qui a un temps soufflé sur leur pays.

    Pendant les longues heures de marches selmiya (pacifiques) contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, le peuple algérien, qui brave l’interdiction de manifester depuis le 22 février, s’accompagne de musiques en tous genres : musiques traditionnelles qui rappellent les luttes pour l’indépendance, chants de supporters de football qui font oublier les velléités des derbies locaux (Ouled El Bahdja – « La Casa del Mouradia ») ou encore morceaux de rap repris en cœur par plusieurs générations de manifestants. Car la révolte est une source importante de création artistique et les dernières productions rap algériennes en sont la preuve.

    Ils s’appellent Raja Meziane, ZEDK, Phobia Issa, Lotfi DK, Zako, Flenn, SEF, L’Algérino ou encore Soolking. Qu’ils vivent sur la terre des fennecs, qu’ils soient issus de la diaspora algérienne et nés à l’étranger ou poussés à l’exil. Qu’ils aient choisi le dialecte algérien, le français ou le tamazight (berbère) pour faire passer leur message – parfois en mélangeant les trois – ils ont tous choisi le rap pour s’exprimer et ajouter leur voix à celle du chaab (peuple) pour crier « Système dégage ! » Entre prods trap et flows auto-tunés résolument modernes, ambiances boom-bap et textes au kilomètre plus classiques, inspirations orientales et voix teintées d’une mélancolie traditionnelle propre, le rap algérien n’entre dans aucune case.

    Il a certes retrouvé son essence protestataire en cette période charnière mais la diversité de cette sélection est à l’image du pays : dynamique, hétérogène et intrinsèquement contestataire.

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