Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • #Teresa_C._Ulloa_Ziáurriz : Bas les masques ! Que font la philanthropie et les organisations internationales à soutenir et promouvoir la prostitution en tant que « travail du sexe » ?

    Ce que l’on n’a pas compris, c’est qu’au bout du compte, la traite d’êtres humains est le mécanisme qui approvisionne le marché de l’exploitation ; c’est pourquoi le Protocole de Palerme lui-même reconnaît que la traite est définie par le recrutement, le transport, le transfert, l’accueil et la réception d’une personne à des fins d’exploitation. Cela signifie que la traite prend fin dès que débute le type d’exploitation auquel la victime va être soumise et que l’on peut parler de traite même s’il n’y a pas eu d’exploitation, mais uniquement son intention.

    La situation est si grave que l’OIT elle-même a encouragé l’Alliance 8.7 à appeler les gouvernements, les dirigeants syndicaux, les chefs d’entreprise, les organisations de la société civile et les organisations confessionnelles, le monde universitaire et les autres parties prenantes à un dialogue interactif visant à explorer les causes profondes du travail forcé, de l’esclavage moderne, de la traite des êtres humains et du travail des enfants, ainsi que les moyens de combattre ces phénomènes, dans le cadre du Programme 2030. C’est la même agence des Nations Unies qui a produit il y a quelques années un rapport intitulé « Le troisième secteur ou le secteur du divertissement », constitué des femmes en situation de prostitution ; c’est aussi l’organisme des Nations Unies qui a reconnu la prostitution des enfants comme l’une des pires formes de « travail » des enfants.

    Alors que les grands médias accréditent périodiquement le mythe que le « travail du sexe » n’est pas de la traite, ces enjeux sont refoulés sous le tapis, renforçant le mythe patriarcal selon lequel la prostitution est un moyen facile de gagner beaucoup d’argent. À ce jour, je n’ai jamais rencontré une seule prostituée riche. Ce déni culturel vise à stigmatiser les victimes de la traite et de l’exploitation sexuelle, ce qui entraîne généralement de la discrimination et de la violence à leur égard. Pire encore, on voit aujourd’hui une revendication abolitionniste de dépénalisation des femmes en situation de prostitution être transformée en revendication de décriminalisation totale de l’industrie du sexe ; oui, celle des femmes en situation de prostitution, mais aussi celle des trafiquants et souteneurs, sous prétexte que cette décriminalisation totale créera des conditions de sécurité et d’autonomisation accrues des femmes contre leurs exploiteurs et facilitera l’identification des victimes de la traite. Pourtant, cela ne s’est pas produit tel que promis aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Nouvelle-Zélande.


    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://tribunafeminista.elplural.com/2019/03/fuera-mascaras-que-estan-haciendo-la-filantropia-y-los-or
    #travail_du_sexe #système prostitutionnel #OIT #espagne #violences_sexuelles #traite #migration