RastaPopoulos

Développeur non-durable.

  • Un petit mot de ma chevrière.

    Bonjour

    Tout d’abord je tiens à dire que je suis très fière de nos consommateurs archi fidèles.
    Peut-être sont ils moins nombreux car l’offre bio se diversifie en centre ville mais ceux qui restent sont les meilleurs ! Ils doublent, voire triplent leur commandes. Ils savent vous retourner de beaux compliments sur nos petits fromages de chèvres qui font chaud au cœur ! Merci !

    Hier soir sur la 5, une émission sur le fromage que je façonne depuis 42 ans maintenant et que je connais comme si j’étais un petit ferment lactique vivant au sein du lait : « Le fromage qui nous rend chèvre ». Très bien,on y voit les magnifiques chèvres du Rovres, des jeunes chevriers dans les Landes pleins de promesses. On y raconte ce que je me tue à dire depuis 40 ans que je fais les marchés : « Non, il n’y a pas de vrais fromages fermiers sous nos latitudes l’hiver, non les chèvres de France ne broutent pas toutes l’herbe et les ronces. Elles sont même 90 pour cent du cheptel français qui restent leur vie entière fermées dans de grands hangars, merci au Brésil pour son soja transgénique merci au grands semenciers pour l’ensilage de maïs ! »

    Enfin tout ça vous pouvez le voir en replay mais... Rien n’est jamais complet. Il faut aller faire un tour chez nos voisins hollandais. Pays que nous connaissons bien car Theo est hollandais, même précisément du Brabant le nouvel Eldorado des chèvres. Là-bas face à nos 40 chèvres et à leur 2 litres par jour vous avez des élevages à 11 000 chèvres à 6 litres par jour avec une espérance de vie réduite à peau de chagrin comme les vies des gens qui consomment cette agriculture plus qu’intensive : industrielle ! Les agriculteurs hollandais, il y a 20 ans, ont découvert la CHÈVRE ! Pas de quota laitier ! Vous leur brûlez leurs belles cornes à la naissance et vous les entassez dans des hangars par centaines. Il y avait une si forte demande en lait de chèvre !

    A Amsterdam, les vacanciers qui rentraient de Grèce voulaient de la fêta pour se souvenir des vacances. Parfait voilà la fêta : hollandaise, française, danoise.Puis, voici le gouda au lait de chèvre. Maintenant, qu’il il y a surproduction de fromages de chèvre hollandais, pas de problème les camions de lait apportent par millions d’hectolitre le lait hollandais dans les usines françaises ou du sud de l’Europe.

    Les hollandais ne mangent pas de chevreaux, qu’importe : à 7 jours les chevreaux entassés dans des semi remorques quittent le nord pour le sud de l’Europe pour boire un faux lait fabriqué avec tous les résidus possibles de l’industrie alimentaire.

    Vous connaissez la fièvre Q ? non ? Les hollandais oui !
    C’est transmissible de la chèvre à l’homme et les élevages hollandais la subissent depuis quelques années avec surmortalité animale et mortalité humaine. Merci aux industriels agricoles, aux banques agricoles et à leurs mirages économiques ! Faite le calcul combien de paysans pourraient vivre comme nous si vous divisez (11 000 multiplié par 6) par (40 multiplié par 2) à la place d’un industriel employant 3 ouvriers ?

    Nous vivons très bien nous deux, les 40 chèvres, les poules, les abeilles sur notre petite ferme et le printemps revient chaque année en majesté devant notre porte. Les hirondelles sont là et le fromage de chèvre est comme elles, il vient et repart. Les biquettes pâturent un nombre incroyable de plantes différentes. J’ai appris tant de choses de vous, mes belles biquettes, de vous et de l’éternel recommencement de la vie ! Vous méritez comme tous les êtres vivants mieux qu’une cage !

    Bonne journée à tous !

    https://www.france.tv/france-5/le-doc-du-dimanche/961083-le-fromage-qui-nous-rend-chevre.html

    #fromage #chèvre #élevage #Hollande #lait

    • @aude_v même avis, et de l’autre côté me hérissent tout autant les Paul Ariès et compagnie tout pleins d’arrogance et de mauvaise foi, qui refusent de faire la différence parmi les pratiques sans animaux et assimilent véganisme et agrobusiness de façon acharnée, alors qu’ils sont capables de différencier zootechnie et élevage paysan, sans dénigrer ce dernier sous prétexte de son infériorité quantitative.
      On aurait pu imaginer une remise en cause intéressante des pratiques de l’agrobusiness, qui tape sur l’approche mécaniste uniformisante en y opposant diversité et compréhension écosystémique, et visant à ramener le cheptel mondial à un niveau soutenable tout en redonnant à l’élevage paysan une place centrale dans les zones de marge. Mais dans le panorama actuel on a désormais une critique mal posée qui tape sur la mauvaise cible, et alimente crispations et dialogue de sourds.
      Bilan des courses : des défenseurs de l’élevage paysan et des végans qui s’accusent mutuellement du pillage des ressources opéré par l’industrie, qui de son côté continue de faire avancer son bulldozer.