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Le portail des copains

    • Encore un manifeste vegan, même si c’est la tendance et non le régime exclusif qui est encouragée.

      That’s not the whole story. In their defense, cows, chickens and pigs often eat a lot of things that humans wouldn’t otherwise eat, like grasses or crop residues. And meat can be rich in key nutrients like protein and iron. But, in general, it takes more land, energy and water to produce a pound of animal protein than it does to produce a pound of plant protein.

      Rien sur les différents modes de production, industriel ou artisanal, alors que ça change du tout au tout l’impact. Il y a un côté administration du désastre et survivaliste dans la comptabilité des hectares.

      Organic produce is grown without synthetic fertilizers or pesticides, which is important to a lot of people. But that doesn’t mean it’s necessarily better from a climate perspective. In some cases, it can be a bit worse — organic farms often require more land than conventional farms. That said, organic farms’ climate impact can vary widely from place to place, and the organic label, on its own, doesn’t give you great information on the food’s carbon footprint.

      Rien sur la recapture des GES par les cultures menées en bio qui font qu’elle est une réponse aux problèmes climatiques. Et les sols vivants contre les inondations, la qualité des eaux ou la santé humaine. Y’a pas que le climat dans la vie, on ne peut pas abandonner un sujet aussi grave que l’intoxication par l’agriculture conventionnelle et ses rendements en baisse qui nous menacent à terme !

      Rien sur les transports (il y a une soupe vegane au lait de coco particulièrement climate friendly si on vit dans les tropiques), rien sur la saisonnalité (il y a tomate et tomate). Un peu sur les emballages.

      C’est une merde dangereuse, solutionniste et mal informée qui ignore beaucoup de questions environnementales en agriculture et focalise sur les trucs à la mode : vegan et un peu zero waste. Grave !

      cc @odilon et @koldobika

    • Beaucoup de mouvements écolos, Greenpeace en tête, nous enjoignent à agir local pour sauver la planète.
      Un article que j’ai lu récemment parle de la fonte de la calotte du pôle Nord et dit “bougez-vous le cul”. Des comme ça il y en a plein. Comme le disait récemment Deun dans une de ses phrases qui résument beaucoup de choses en peu de mots : “Ce n’est pas forcément respectueux d’autrui que de l’obliger à respecter une planète, ce respect étant lui-même largement défini à partir de compte-rendus scientifiques qui nous échappent, mais qui sont censés nous clouer le bec.”
      Être renseigné sur des choses qui se passent loin n’est pas un mal. Mais penser global pour agir local, ça gonfle. Je ne doute pas que cela parte d’une bonne intention, mais je refuse de relier l’état de la planète avec ce que je fais, car les choses qui se chiffrent en milliards de tonnes sont des choses que je ne peux pas percevoir, et sur lesquelles mon action ne m’est pas perceptible. Agir en pensant à mon impact sur ces problèmes à l’échelle planétaire me conduira soit à l’impuissance, soit à rester dans l’abstraction pure, et bien souvent les deux.
      Exemple d’abstraction pure, me permettant de savoir si je suis un honnête écocitoyen, c’est mon empreinte écologique individuelle. Elle me permet de savoir si mes activités quotidiennes, mon habitation et ma nourriture sont compatibles avec le non-épuisement des ressources de la planète, puis d’être super fier d’avoir une petite empreinte, ou au contraire de culpabiliser d’en avoir une trop grande puis de faire une action carbone pour expier mes péchés.
      Cette empreinte réduit à un simple nombre nos liens avec les ressources dont on tire notre subsistance. Elle applique à l’échelle locale des considérations tirées d’un constat global, et par exemple quelqu’un qui mange beaucoup de viande et de produits laitiers issus des bêtes qu’il a sur des pâturages extensifs situés autour de chez lui (pâturages qui auraient difficilement un autre usage), et quelqu’un qui mange tous les midis dans un fast food, auront peut-être de par leur consommation de produits animaux une “empreinte alimentaire” proche, avec des rapports complètement différents aux ressources qui les nourrissent. “Oui mais bon on ne peut pas prendre en compte toutes les particularités de chacun pour calculer son empreinte”, pourrait-on dire. C’est justement ça que je n’aime pas dans ce calcul. Cette empreinte n’a de sens qu’à l’échelle planétaire (pour ceux que ça intéresse), mais aucun sens à l’échelle individuelle où elle devient uniformisante, ne faisant pas cas de la diversité de la vie et de la variété des possibilités de vivre intelligemment avec les écosystèmes qui nous environnent. En transposant cette empreinte telle quelle d’une échelle à l’autre, on maintient à distance l’environnement avec lequel on est lié, à travers un calcul auquel on se réfère pour juger de nos interactions avec cet environnement, et on agit en aveugle face à une crise planétaire qu’on ne peut percevoir autrement que par des vues de l’esprit.
      Je crois plutôt que c’est par les sens que nous avons du sens (comme le dit Augustin Berque), et je me rappelle d’une phrase d’Anton Tchekhov : Vous me regardez avec ironie, tout ce que je vous dis vous semble périmé et peu sérieux, mais quand je passe à proximité d’une forêt que j’ai sauvée du déboisement, ou encore quand j’entends bruire un jeune bois que j’ai planté de mes propres mains, je sens que le climat lui-même est un peu en mon pouvoir.

      Ça me rappelle Xavier Noulhianne qui m’engueule parce que je lui demande de me parler des impacts environnementaux positifs de l’élevage. Non qu’il n’y en ait pas mais parce que c’est une manière de penser qui nous a valu les 4x4 écologiques et toute cette merde.