• DEUX ANS DE MANDAT D’EMMANUEL MACRON : BILAN ET ATTENTES DES FRANÇAIS - BVA Group
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    Retour sur l’évolution de la popularité d’Emmanuel Macron depuis deux ans (de 62% au lendemain de son élection à 32% en avril dernier) :

    • Emmanuel Macron a été relativement préservé lors de sa première année de mandat : la baisse enregistrée à la rentrée 2017 a été jugulée et le pourcentage de personnes ayant une bonne opinion de lui s’est maintenu autour de 40% pendant plusieurs mois après être même reparti à la hausse en novembre.

    • La deuxième année du quinquennat a en revanche été marquée par une succession de « crises » qui ont nettement entamé son image auprès des Français : « l’affaire Benalla » constitue le premier épisode marquant (sa cote de popularité recule de 5 points entre juillet et août 2018 et passe sous la barre des 35%), suivi de la démission de ministres emblématiques mais surtout de la crise des gilets jaunes : entre août et novembre 2018, la popularité d’Emmanuel Macron baisse ainsi de 8 points, pour atteindre son plus bas niveau en novembre (26%).

    • Depuis le début de l’année 2019, Emmanuel Macron bénéficie d’un léger regain d’opinions positives, suite aux annonces en faveur du pouvoir d’achat et à la tenue du grand débat national, mais sans avoir retrouvé tous les points perdus précédemment. Sa cote de popularité se situe ainsi autour de 30% depuis janvier (32% en avril), à un niveau supérieur à celui enregistré par François Hollande à la même époque (21%) mais inférieur à celui de Nicolas Sarkozy (43%).

    Si la première année du quinquennat avait été marquée par la perte du soutien des sympathisants PS, la deuxième année du quinquennat s’illustre par des pertes significatives auprès des sympathisants LR (54% en avaient une bonne opinion en avril 2018 contre 31% aujourd’hui).

    Un jugement sévère sur la politique menée, notamment sur le plan économique et social mais aussi environnemental

    Conséquence logique de ces mouvements d’opinion, le bilan dressé par les Français après deux ans de mandat est sévère : les deux tiers (65%) se disent au total plutôt mécontents (contre 57% il y a un an). Même une partie non négligeable de ses électeurs de premier tour expriment leur déception : 30% se disent ainsi mécontents (contre 60% qui se déclarent satisfaits et 10% qui ne se prononcent pas).

    Quel que soit le domaine testé, une majorité a minima relative de Français se dessine également pour considérer que l’action menée est « plutôt un échec », notamment dans le domaine fiscal (67%) et en matière de pouvoir d’achat (73%), mais aussi dans le domaine environnemental (66%).

    En dépit des annonces du 25 avril 2019, une grande difficulté à regagner la confiance des Français sur le bien-fondé de sa politique économique et sociale

    Malgré des mesures exceptionnelles annoncées le 25 avril plutôt bien accueillies (la réindexation des petites retraites, la mise en place d’une retraite minimale de 1000€, la baisse de l’impôt sur le revenu ou encore la garantie de paiement des pensions alimentaires recueillent des notes d’évaluation autour de 7/10), Emmanuel Macron peine à convaincre les Français que sa politique va in fine profiter à tout le monde. Seuls 16% ont le sentiment de bénéficier personnellement de sa politique.

    Une majorité de Français (59%) considèrent aujourd’hui qu’il n’est pas sincère : un jugement qui colore désormais les jugements exprimés après chacune de ses prises de parole.

    Dès lors, les interviewés se montrent pessimistes lorsqu’ils pensent à l’avenir : la majorité (52%) estime ainsi qu’à l’issue du quinquennat d’Emmanuel Macron, la situation de la France sera moins bonne qu’aujourd’hui.

    Pour autant, une proportion non négligeable de Français « attend de voir »

    Malgré le jugement sévère dressé à l’égard de sa politique mais aussi de sa personne, une partie des Français n’a pas encore basculé dans l’opposition radicale au président de la République.

    Si 41% sont des opposants « farouches » qu’il sera difficile de reconquérir – notamment chez les catégories populaires et les sympathisants LFI ou RN – et si le socle de soutiens est très réduit (13%), on notera que 39% des Français indiquent qu’ils attendent de voir quels seront les résultats de la politique menée par Emmanuel Macron et le gouvernement avant de se prononcer, signe qu’ils laissent à l’exécutif encore un peu de temps pour « faire ses preuves ».

    • Vu par La Tribune co-commanditaire du sondage BVA

      Sondage exclusif : le bilan sévère des deux ans de Macron à l’Élysée
      https://www.latribune.fr/economie/france/sondage-exclusif-le-bilan-severe-des-deux-ans-d-emmanuel-macron-a-l-elysee

      Touché par la crise des « gilets jaunes », mais pas encore coulé ! Pour ce bilan des deux ans à l’Élysée, notre sondage exclusif BVA révèle un Emmanuel Macron très affaibli, mais aussi l’espoir d’un rebond.
      […]

      Surtout, Emmanuel Macron ne parvient pas à convaincre que sa politique va profiter à tout le monde. Seuls 16%, essentiellement les catégories les plus aisées, ont le sentiment de « bénéficier personnellement » de sa politique. 77%, soit les trois quarts des Français, ont une opinion contraire avec, sans surprise, un score encore plus élevé chez les retraités (82%), hausse de la CSG et désindexation obligent. Quant au principe du « premier de cordée », il est rejeté par 46% des Français et encore plus massivement par les opposant LFI et RN. Seuls 25% souhaitent qu’il continue de s’y référer, signe que la métaphore n’a pas été comprise par l’opinion.
      […]
      Les personnes qui critiquent la manière dont il exerce la fonction présidentielle, 65 % des sondés, insistent sur la nécessité de contraindre plus fortement les Français les plus aisés et de mener une politique sociale plus juste. Le chef de l’État a répondu en partie en réservant aux classes moyennes la baisse à venir de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu et en concédant une évaluation des effets positifs sur l’investissement de la réforme de l’ISF. Mais, face à des sondés qui se montrent pessimistes concernant l’avenir (52% estiment que la situation de la France ne se sera pas améliorée à la fin du quinquennat), on mesure bien que, pour la majorité, il y a une cristallisation de l’opinion à l’encontre de la personne d’Emmanuel Macron dans une France fracturée et polarisée comme jamais avec la montée des oppositions populistes.
      […]
      L’une des principales chances de rebond d’Emmanuel Macron est l’absence pour l’heure de réelle alternative. Les divisions de la gauche incapable de se rassembler et l’affaiblissement de la droite sans leader incontesté et qui a perdu le soutien du centre continuent de donner au président Macron une prime dont les prochains mois diront si oui ou non il demeure en capacité de tenir sa promesse fondamentale : transformer la France pour la renforcer en Europe et dans le monde.

      Si les Français reconnaissent à Emmanuel Macron son dynamisme (60%), ses convictions (57%), son autorité (45%), les qualificatifs dans lesquels il performe le moins sont ceux sur lesquels il devra agir : compétent (36%, soit -24 points sur un an), sympathique (34%), sincère (28%), proche des gens (20%) et rassembleur (17%, soit -12 points sur un an).