Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • Making Playgrounds a Little More Dangerous - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/05/10/well/family/adventure-playgrounds-junk-playgrounds.html

    “Sometimes parents hover by the fence and watch their kids like animals in a zoo,” said Rebecca Faulkner, the executive director of play:groundNYC, the nonprofit that runs The Yard, which opened in 2016. “I tell them, ‘You don’t need to worry, you don’t need to tell them what to do. Just sit back and relax.’”

    Children are better at figuring out how to have fun than many adults who build playgrounds for them, Ms. Faulkner said. And they can also figure out how to play safely — even in a place that looks more like a junkyard than a playground.

    “We’ve had our share of bruises and scrapes,” she said. “But we’ve never had a serious injury.”

    Joey’s father, Christopher Gunderson, a sociology professor at Howard University, watched the action with other parents from a lawn chair outside the playground. “Kids grow up in these really controlled environments,” he said. “This is a place where they can run wild.”

    “Play nowadays is totally structured,” Joey’s grandfather, Fred Klonsky, a retired elementary school teacher, chimed in. “They play organized sports supervised by adults, even their disputes are settled by adults. Kids used to work all that stuff out themselves.”

    The Danish landscape architect Carl Theodor Sorensen was bothered by the same trends over 70 years ago. He noticed that children in Copenhagen during World War II preferred to play in abandoned lots and construction sites than on the well-appointed asphalt playgrounds that had been built for them.

    This daredevil behavior born of frustration is a main cause of playground accidents, said Mariana Brussoni, a scientist with the Child & Family Research Institute in Vancouver, British Columbia.

    “I came to the counterintuitive conclusion that engaging in risk is actually very important in preventing injuries,” said Dr. Brussoni, who conducted a systematic review of the scientific literature on playground safety in 2015. “Children are learning how their bodies work, how the world works,” she said. “They are learning fundamental skills that ultimately protect them.”

    And there appear to be social gains as well.

    A 2017 randomized controlled trial conducted in New Zealand found that children (ages 6 through 9) who participated in what the researchers called “free range play” were happier at school, more engaged with other children and less likely to report being bullied during recess than those whose play time was more structured.

    Still, many parents remain wary.

    “People perceive that the world is getting more dangerous. Parental fears are on the rise,” Dr. Brussoni said. She speculated that it was fueled by media attention to child kidnappings and other crimes. Yet “the data shows that it has never been a safer time to be a child,” she said — a contention backed up by a 2016 report by the Department of Justice.

    #Education #Terrains_de_jeu

    • @mad_meg, les gosses jouent dans un environnement qui n’a pas été pensé pour eux dans un cabinet, qu’ils travaillent en continu (apprenant à recycler les anciennes cabanes plutôt qu’à en construire partout), ils exercent leur ingéniosité sur les choses et passent sûrement moins de temps dans les rapports interpersonnels de chefferies et compagnie... Je ne vois pas le problème. Enfin si, il y a peu de filles. Mais celles qui y sont font de super expériences. Alors plutôt étendre le modèle aux filles qui n’en bénéficient pas assez.

      http://blog.ecologie-politique.eu/post/Gosses-de-Berlin

    • C’est pas de la dureté, vraiment pas ! Les textes ne racontent pas que l’idée, c’est de créer des surhommes qui ne mouftent pas quand ils se coupent un doigt ! Mais de créer des êtres humains qui connaissent leur environnement, sont capables de le changer par leur ingéniosité, qui se sentent capables de plein de choses et qui ne vont pas être des petites choses peureuses comme un voisin quand j’étais petite que sa mère couvait et qui avait l’air d’un demi-enfant ! Pourquoi pas le refuser aux garçons ;-) mais je pense que les filles en ont besoin, de savoir être en prise avec l’environnement.

      Un extrait de La Conjuration des ego...

      De même que l’espace de la conversation, les hommes monopolisent l’espace public. Ils sont une écrasante majorité dans les rues la nuit1 et s’imposent dès le plus jeune âge dans les cours de récréation et les équipements sportifs. Alors que les petites filles pratiquent plus volontiers des jeux statiques (marelle, corde), les petits garçons se répandent dans la cour comme plus tard dans le skate park puis dans la rue. L’espace public est bien genré, comme nous l’apprennent les géographes2. À cela deux conséquences : non seulement les filles et les femmes ne savent pas où se mettre mais encore les budgets publics sont massivement alloués à des activités masculines. Privées de parole, privées d’espace, les femmes sont aussi d’une certaine manière privées de leur corps. C’est ainsi qu’est décrit le rapport des petites filles à leur corps par des sportives qui notent la faible amplitude d’un geste, un bras qui ne va pas chercher loin derrière pour envoyer une balle. Plus choyées mais aussi plus contrôlées, les petites filles ne sont pas encouragées à prendre toute la place et à exercer toute la force qu’elles pourraient. Dans The Gutsy Girl, l’ancienne pompière Caroline Paul montre combien cet excès de protection empêche les petites filles de devenir aventureuses et de gagner l’estime de soi qui s’acquiert en se mettant au défi3.

    • Je ne m’attendais pas à un tel débat en postant cet article.
      Il faut quand même se dire que cela vient des États-Unis, un pays dans lequel des enfants qui vont tous seuls à pied à l’école peuvent se faire arrêter et les parents convoqués pour abandon d’enfant. Il y a à Chicago des associations pour défendre le droit des enfants d’aller seuls à l’école !
      Donc penser qu’il y a des terrains d’aventure ouverts qui ne sont pas des espaces d’ennui clinique à New York me semble plutôt une bonne chose.
      Et aussi que l’imagination qui transforme l’univers à disposition en baguettes magiques, épés-lasers et autre maisons dans la prairie me semble plus profitable que de déplacer des artefacts si jolis et semblables à leurs objectifs dans des jeux vidéos.
      Il me semble également que la paranoia parentale actuelle va finir par briser le plaisir et l’envie pour les générations à venir. J’espère au fond que les gamins d’aujourd’hui faut autant de bêtises interdites que j’en faisais, et que tout simplement on ne les voit pas ;-)