• Agence spatiale européenne : une nomination, un conflit d’intérêt (?), des remous en interne
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    Chiara Manfletti, une conseillère très proche du directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Johann-Dietrich Wörner, a été nommée à la tête de la toute nouvelle agence spatiale portugaise
    Crédits : ESA - Philippe Sebirot

    Récemment nommée à la tête de l’Agence spatiale portugaise, l’Italienne Chiara Manfletti a conservé un rôle auprès du directeur général de l’ESA. Elle est notamment chargée par Jan Wörner de préparer la conférence ministérielle, qui aura lieu en novembre.
    C’est une nomination qui étonne et/ou fait grogner tout le milieu spatial européen. De quoi parle-t-on ? De la nomination de l’Italienne Chiara Manfletti, une conseillère que l’on dit proche du directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Johann-Dietrich Wörner, à la tête de la toute nouvelle agence spatiale portugaise, Portugal Espaço. Sa nomination a été décidée à l’issue d’un processus de sélection entre la Fondation pour la science et la technologie (FCT), un organisme public portugais, et l’ESA. L’Agence spatiale européenne parle quant à elle d’un « détachement ».

    Toutefois, selon plusieurs personnes interrogées par La Tribune, le directeur général aurait fortement poussé pour que Chiara Manfletti, qui a également travaillé au DLR entre 2002 et 2016, le centre aérospatial allemand, soit nommée à ce poste. Pourquoi pas même si certains s’interrogent sur cette nomination au regard du poste occupé précédemment... Le DLR a été présidé par Jan Wörner (2007-2015), nommé en juillet 2015 à la tête de l’ESA.
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    Chaque État membre est représenté au sein au conseil de l’ESA, qui est l’instance dirigeante de l’organisation. La Tribune a demandé la composition de son conseil à l’ESA, qui a refusé de lui donner en justifiant cette décision en raison de son statut d’organisation internationale. Rappelons que le conseil fixe les lignes directrices à partir desquelles l’Agence élabore le programme spatial européen. Chaque membre y dispose d’une voix, quelle que soit sa taille ou sa contribution financière. Et si le ou la ministre d’un Etat membre de l’ESA en charge de l’espace a le dernier mot, la personne a la tête de l’agence spatiale le conseille sur les choix. Ce qui place Chiara Manfletti dans une situation intenable... Enfin, normalement.