• La « zone de la mort » de l’Everest n’a jamais aussi bien porté son nom jfe avec ats - 25 Mars 2019 - RTS *
    https://www.rts.ch/info/monde/10458051-la-zone-de-la-mort-de-l-everest-n-a-jamais-aussi-bien-porte-son-nom.htm

    La haute saison bat actuellement son plein sur l’Everest, au point que des bouchons d’alpinistes se forment à 8848 mètres, où l’oxygène se raréfie. Six personnes y ont péri cette semaine, portant à dix le nombre de morts cette saison sur le toit du monde.

    Des photos impressionnantes montraient ces derniers jours une longue queue d’alpinistes emmitouflés piétinant en crampons les uns derrière les autres sur l’arête située entre la cime et le col Sud, où se trouve l’ultime campement du versant népalais. À la date de jeudi, environ 550 grimpeurs étaient parvenus en haut de l’Everest cette année, selon des données collectées par les autorités népalaises.

    Un jeune Indien de 27 ans y a trouvé la mort sur le chemin du retour. « Il était coincé dans l’embouteillage depuis plus de douze heures et était épuisé. Des guides sherpas l’ont ramené au camp 4 mais il a rendu son dernier souffle là-bas », a relaté Keshav Paudel de l’agence Peak Promotion.

    Trop de permis en cette période favorable
    Selon les experts, cet encombrement est dû en partie à la multiplication de permis délivrés, mais pas uniquement. En effet, entre avril et mai, la météo est particulièrement favorable à l’ascension de la montagne mythique.

    « Il faut comprendre que là-bas, tous les prétendants se retrouvent à peu près les mêmes jours, car ce sont les fenêtres météo qui vont permettre ou non d’accéder au sommet. Avec les téléphones satellites, les prévisions sont très fiables et par conséquent, les alpinistes vont se retrouver le même jour, voire les mêmes heures sur les pentes de l’Everest », explique le guide de montagne François Damilano, qui a escaladé la montagne en 2014, dans Forum.

    Altitude extrême pour l’organisme
    A cette altitude extrême, l’oxygène se fait plus rare dans l’atmosphère et les sportifs doivent généralement recourir à des bouteilles d’oxygène pour parvenir au bout de leur ascension. Une altitude supérieure à 8000 mètres au-dessus du niveau de la mer est considérée comme la « zone de la mort ».

    Rester longtemps dans cette zone « augmente les risques de gelures, de mal des montagnes et même de mort », a expliqué à l’AFP Ang Tsering Sherpa, ex-président de l’Association d’alpinisme du Népal. L’an dernier, cinq personnes avaient perdu la vie sur l’Everest.

    11’000 dollars le permis
    La libéralisation de l’ascension par les autorités népalaises dans les années 1990 a encouragé le développement d’expéditions commerciales et multiplié les alpinistes sur les parois.

    Cette année, le Népal a émis pour la saison de printemps le nombre record de 381 permis, au prix unitaire de 11’000 dollars, selon les dernières données disponibles. Chaque titulaire d’un permis étant accompagné d’un guide, cela signifie qu’environ 750 personnes s’élanceront sur la même voie en quelques semaines.

    Au total, le nombre d’alpinistes sur l’Everest pourrait cette année dépasser le record de l’an dernier qui avait vu 807 personnes atteindre le sommet. « L’Everest, comme beaucoup de lieux emblématiques de part le monde, attire de plus en plus de gens », confirme François Damilano.

    « Avec si peu d’opportunités (météo) et tant de permis (...) il est impossible de faire passer tant de gens à travers les goulets d’étranglement notoires des deux côtés », a estimé le blogueur Alan Arnette, réputé pour sa couverture de l’alpinisme.