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NI ACTUALITÉS NI COMMENTAIRES, ..... DU COPIER-COLLER ET DES LIENS... Un blog de « curation de contenu » : 82 LIVRES , 171 TEXTES et 34 DOCUMENTAIRES :

  • « La science-fiction aborde des enjeux planétaires » : entretien avec trois maîtres de la SF
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/05/26/la-science-fiction-aborde-des-enjeux-planetaires-entretien-avec-trois-maitre

    La science-fiction française a un faible pour l’anticipation. Depuis les années 1970, il existe un courant de la SF très engagé. Est-ce que le rôle de l’écrivain de science-fiction est politique ?

    Jean-Michel Truong : Je ne le conçois pas autrement. Notre mission, c’est d’exercer le ministère de la vigilance en mettant à profit notre capacité à nous projeter dans un futur plus ou moins lointain pour faire le diagnostic de la situation présente et avertir des dérives possibles. Les bons auteurs de science-fiction devraient uniquement concevoir leur rôle comme politique. Mais beaucoup d’entre eux s’en méfient et préfèrent appliquer leur talent à des sujets anodins…

    Pierre Bordage : Tu as sorti les sabres ! Il y a aussi une part de divertissement dans le récit à laquelle je tiens beaucoup. Si je dois soulever des réflexions pour le lecteur, je veux que ce soit sous forme d’aventures. Qu’il soit entraîné par l’histoire et amené à se poser des questions naturellement. Je n’impose pas mes idées. Pour moi, la SF est une littérature du grattage, elle doit divertir, faire réfléchir et soulever des enjeux philosophiques. Dans le space opera par exemple, en se projetant dans l’espace-temps, on interroge la nature même de l’être humain.

    Jean-Michel Truong : Le divertissement est indispensable, c’est sûr, mais il doit se mettre au service de la réflexion.

    Alain Damasio : Je n’aime pas trop le terme « divertir », parce que je l’associe toujours à son étymologie « sortir de la voie ». Je défends plutôt le « subvertissement ». La science-fiction a une ampleur que n’a pas souvent la littérature blanche qui reste très intimiste. En SF, on aborde des enjeux planétaires. En touchant des affects et des percepts, on va chercher un public qui n’ouvrirait pas un essai de philosophie ou de sociologie, mais qui est content de spéculer et de réfléchir à la société. L’identification au personnage est un vecteur extraordinaire qui permet d’embarquer le lecteur dans un vaisseau spatial. C’est la clé de tout. Mais la SF est forcément politique. On va nécessairement croiser le champ politique à un moment donné du récit et soulever des questions sur le vivre-ensemble, le rapport au pouvoir, le lien collectif…