Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • #Cherry_Smiley : Comment l’Enquête nationale sur les femmes disparues et assassinées a trahi les femmes et les filles autochtones
    http://tradfem.wordpress.com/2019/06/08/comment-lenquete-nationale-sur-les-femmes-disparues-et-assassinee

    En septembre 2016, le gouvernement fédéral canadien a annoncé, à la suite d’une âpre lutte et d’une très longue attente, le début d’une Enquête Nationale indépendante sur les Femmes et les Filles Autochtones Disparues et Assassinées (ci-après « l’enquête »). Certaines militantes et universitaires espéraient qu’une enquête mettrait en lumière les causes profondes de la violence masculine contre les femmes et les filles autochtones et qu’il en résulterait des mesures significatives pour mettre fin à cette violence. D’autres étaient sceptiques quant à l’espoir que l’enquête conduise à la mise en œuvre de mesures concrètes qui amélioreraient la vie des femmes autochtones. Au début, j’ai appuyé les femmes autochtones qui avaient travaillé depuis si longtemps et si fort et soutenu leur réclamation, même si j’oscillais entre le doute et l’espoir quant aux résultats que pourrait atteindre une enquête nationale.
    Aujourd’hui, le 3 juin 2019, l’enquête publiera son rapport final. Il n’en résultera aucune mesure significative visant à promouvoir les objectifs de libération des femmes autochtones. En fait, je crains que le rapport final et les mesures subséquentes ne contribuent à marginaliser davantage les femmes autochtones et à les réduire au silence.


    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.cherrysmiley.com/blog/how-the-national-inquiry-failed-indigenous-women-and-girls
    #autochtone #Canada #féminicide #violences_masculines #bi-spiritualité #LGBTQ #prostitution #travail_du_sexe #féminisme_radical

    • Ce long article, que je n’ai pas pu finir, parle de deux écueils du travail de la commission.

      Le premier, c’était de mettre au centre du dispositif les familles des victimes. Si les femmes sont mortes ou disparues, on peut comprendre d’où vient l’idée mais elles sont peut-être mortes des mains d’hommes de leurs familles. Et au-delà de cet impensé, il y a le fait d’avoir choisi les familles des victimes aux dépens des femmes (donc des associations de victimes et de survivantes ?) et la capacité de la commission à comprendre que les femmes autochtones sont aussi menacées par les hommes de leur communauté que par les hommes des autres communautés.

      Le second, c’est d’invisibiliser les hommes violents (ce ne sont plus que des personnes et de la violence), donc les processus qui sont à l’origine de ces violences dont il se trouve qu’elles touchent avant tout les femmes et sont commises par des hommes en raisons de représentations sexistes (disponibilité des femmes, manque d’empathie pour elles, haine misogyne, etc.). Belle dépolitisation. Et d’invisibiliser aussi les femmes en élargissant l’objet de la commissions aux personnes LGBT (dans une belle variété qui va jusqu’aux hommes cis asexuels, comme si ne rien faire de son zizi invalidait la masculinité et la construction masculine et l’identité sociale des hommes) et aux personnes two-spirits (d’où l’acronyme 2SLGBTQQIA). Mais j’attendais des éléments pour savoir si l’enquête sur les actes d’#homophobie avait porté tort au reste de l’enquête sur les violences contre les femmes et j’ai lu, puis lu en diagonale puis fait défiler et toujours rien donc j’ai laissé tomber.

      #peuples_autochtones