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    • Dans un message posté sur l’un des forums privés de festivaliers, relayé ensuite par des internautes sur Facebook, la jeune femme, expliquant avoir été droguée puis violée dans une tente du camping, lançait un appel à témoignages pour l’aider à retrouver son agresseur. Pour l’heure, elle n’a pas encore porté plainte.

      Mais l’histoire s’est vite répandue dans les médias, et les organisateurs du plus gros festival de metal en France ont été forcés de réagir. Via un communiqué publié le 2 juillet sur le compte Facebook de l’évènement, ils assurent avec un embarras palpable avoir « déployé tous (les) moyens afin d’éclaircir ce triste récit, qui nous a également bouleversé ». Avant d’expliquer qu’après avoir enquêté de leur côté (visionnage des enregistrements de caméra de surveillance, audit des équipes du festival), tenté d’entrer en contact avec la victime sans succès, ils n’ont « pas trouvé d’image susceptible de pouvoir correspondre à la description des faits. »

      Et d’appeler à ce que la victime se manifeste enfin, haut et fort : « Bien sûr, nous ne nous permettrions pas de remettre en cause un tel témoignage. Nous demandons donc à cette festivalière de prendre contact avec les services de gendarmerie ou le procureur de la République dans les plus brefs délais. »

      En attendant, les organisateurs s’élèvent contre la large couverture médiatique de l’affaire, les enjoignant à ne pas salir l’image du festival et des fans de metal : « De véritables professionnels du journalisme se doivent d’attendre que des faits tangibles soient réellement constatés [...], avant de titrer sur des faits aussi graves et préjudiciables pour l’image d’un événement. Et plus largement, pour l’image de toute une communauté reconnue pour son attitude exemplaire et respectueuse. » Un lien à la fin du post renvoie d’ailleurs à la campagne « Ici c’est cool », à laquelle le Hellfest s’est associé, pour sensibiliser le public aux agressions sexistes et sexuelles lors de festivals.

      La tonalité de son communiqué, trop suspicieux et autocentré, est mal passée, notamment auprès des associations féministes. Lesquelles ont rapidement répondu. A commencer par Les Effronté.e.s, qui ont qualifié dans un communiqué de « scandaleux » le post du festival, l’accusant de minimiser la gravité des faits en parlant d’« agressions sexuelles » au lieu d’un « viol », et d’avoir « comme instinct premier de décrédibiliser la victime et de démontrer comme il serait peu probable que ses affirmations soient vraies ».

      #viol