• « En colère », Rugy dit n’avoir aucune raison de démissionner
    https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1U70RY/en-colere-rugy-dit-n-avoir-aucune-raison-de-demissionner.html


    Crédits : Gonzalo Fuentes

    PARIS (Reuters) - François de Rugy a redit vendredi sa détermination à conserver son poste de ministre de la Transition écologique en dépit des révélations de la presse sur son train de vie, dont beaucoup de « mensonges », selon lui, qui l’ont mis « très en colère ».

    Le numéro deux du gouvernement, qui assure avoir reçu le soutien sans équivoque d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, a par ailleurs menacé de porter plainte à l’avenir contre les médias propageant des « dénonciations calomnieuses ».

    « Je n’ai absolument pas de raison de démissionner », a déclaré l’ex-président de l’Assemblée nationale lors d’une interview sur BFM TV, la voix par moments voilée. « Non, je ne lâcherai pas, je suis très en colère contre les mensonges. »

    « Il y a une machine qui est lancée pour m’attaquer », a insisté François de Rugy.

    Il dit notamment avoir recensé neuf « mensonges » dans le dernier article de Mediapart, publié jeudi, concernant un logement à vocation sociale qu’il louerait indûment à Orvault, près de Nantes (Loire-Atlantique).

    Dans cette affaire précise, c’est lui la « victime d’une tricherie » dont les responsables seraient l’agence immobilière et peut-être la propriétaire du logement, coupables à ses yeux de lui avoir loué ce bien sans le prévenir qu’il obéissait normalement aux règles du dispositif Scellier.

    « J’envisage qu’on demande une enquête sur cette agence immobilière et sur les pratiques de cette agence immobilière (...) et éventuellement sur la propriétaire », a-t-il déclaré.

    Il a également démenti avoir fait acheter, lorsqu’il présidait l’Assemblée nationale, un sèche-cheveux doré à l’or, d’une valeur de 500 euros, comme le rapporte Le Parisien dans son édition de vendredi. « On a passé les bornes. »

    « J’envisage de porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre maintenant dorénavant tous les articles » contenant des informations infondées, a-t-il prévenu, visant en particulier le site d’investigation Mediapart, à l’origine de la plupart des révélations égrenées depuis mercredi.

    « Le but c’est quoi, c’est d’informer le public ou c’est de mener en permanence contre le gouvernement ? », a-t-il dit, parlant d’un « fantasme des coupeurs de tête ».

    Dans son premier article, Mediapart a décrit une dizaine de dîners fastueux à l’hôtel de Lassay, sa résidence de fonction du temps où il présidait l’Assemblée nationale, organisés avec les moyens mis alors à sa disposition alors même que « l’essentiel » des convives, selon le site, appartenaient au cercle amical de l’élu et de son épouse.

    Le site d’investigation a par la suite fait état de « travaux de confort » réalisés dans son appartement au ministère de la Transition écologique pour un montant total de 63.000 euros, dont 17.000 euros dédiés à un dressing.

    Cette rafale de révélations a fragilisé le ministre, certaines personnalités politiques, comme l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, allant jusqu’à demander sa démission.

    François de Rugy a dans un premier temps balayé ces mises en cause, « grotesques » à ses yeux, avant de reconnaître pour la première fois jeudi de possibles « erreurs d’appréciation », qu’il s’est dit prêt à « corriger » le cas échéant.

    Le Premier ministre, Edouard Philippe, l’a maintenu à son poste jeudi tout en le sommant, lors d’un entretien convoqué en urgence à Matignon, de s’expliquer sur ses dépenses à l’Assemblée et au ministère de la Transition écologique.