• « On ne dit pas "circulez, y a rien à voir" » : entretien avec les dirigeants de l’IGPN

    https://www.liberation.fr/france/2019/08/04/on-ne-dit-pas-circulez-y-a-rien-a-voir-entretien-muscle-avec-les-dirigean

    Mais vous ne semblez pas envisager que les policiers auraient pu se replier, et que l’emploi de nombreuses grenades lacrymogènes en pleine nuit, au bord d’un fleuve, serait trop dangereux  ?

    B.J.  : Cette question est subjective. Nous, on parle en droit. Vous essayez de vous substituer au policier qui prenait des pierres, des bouteilles, au chef de service qui était aussi pris dans la tourmente, pour savoir s’il n’aurait pas pu, à ce moment-là, prendre la décision de reculer. Vous ne pouvez pas porter un jugement de valeur sur quelqu’un qui fait du maintien de l’ordre. Cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la gestion de l’ordre public si on dit aux policiers qu’ils auraient dû reculer. Si on dit ça aujourd’hui, demain les policiers ne tiendront plus la position et reculeront en se disant que finalement, c’est ce que pense l’administration dans cette situation.
    Les circonstances étaient tout de même très dangereuses avec le fleuve, la nuit…

    B.J.   : Quand vous êtes sous une pluie de projectiles, en train de vous faire caillasser, que vous avez la gestion d’un service d’ordre avec une quinzaine de policiers et 200 personnes qui vous entourent, que vous devez vous assurer de la sécurité de vos effectifs et que l’un d’eux se fait rouer de coups… Le commissaire a réussi à faire reculer la foule pour que ses policiers ne soient pas débordés, même s’ils l’ont été à un moment, avec le moins de dommage physique possible. Est-ce qu’on peut aller porter un jugement sur les policiers qui ont fait le choix de riposter à ce moment parce qu’ils étaient agressés  ? Je pense que la question est en fait plus en amont, est-ce qu’ils devaient aller faire éteindre la musique  ? Ce n’est pas à nous de répondre.

    D.C.  : A partir du moment où ils prennent ces projectiles, pour nous, juridiquement, ils sont légitimes à riposter. Mais ça aussi, ce sera abordé dans le cadre de la procédure judiciaire, la question n’est pas fermée à jamais.

    Le passage que j’ai graissé montre que la police est toujours partante à fond pour nous refaire le massacre du val d’hiv’. Ce qui compte c’est que les flics ne réfléchissement jamais.
    J’aime beaucoup le passage ou il est expliqué que c’etait pas une charge car les flics marchaient au lieu de courir... J’aime bien aussi quand illes disent qu’illes ne prennent jamais de sanctions contre un poulet tant qu’il a pas de place de rechange ! Alexandre Langlois doit apprécier.

    • Pourquoi récusez-vous le terme de ­violences policières   ?

      D.C.  : Quand on entend, par exemple dans les médias, qu’une enquête judiciaire a été ouverte pour présomption de « violences policières », on s’émeut forcément parce que ce n’est pas exact juridiquement. En réalité, les enquêtes sont ouvertes en raison d’une présomption d’usage illégitime de la force, parce que des tiers, et ils en ont parfaitement le droit, ont porté plainte pour dénoncer ce qu’ils ont estimé être une disproportion. Voilà, c’est tout, point. Pour nous, au strict plan juridique, « violences policières », ça ne veut rien dire. Parle-t-on « d’agressions sexuelles enseignantes » quand il y a des cas de pédophilie à l’école  ? Parle-t-on de « violences hospitalières »  ? Non. Après, ça ne veut pas dire qu’on conteste que des policiers puissent commettre des violences. Ce sont deux ­choses différentes.

      Oui on parle de violences médicales, violences gynécologiques et obstétricale et on parle aussi de violence éducative, violence institutionnelle.... violences policières c’est pas le mot exacte, on devrait parler de violence d’état et/ou violence politiques.