• yo,

    j’entends à la radio, une brève : « Adèle Haenel, dénonce blabla » qui n’ose même pas mettre un extrait du « moment » (c’est pas comme si on avait sous la main une oratrice hors pair, bandes de brelles), mais nous colle une vilaine lecture de ses mots, façon rédaction laborieuse de tes vacances, pour ensuite, vite, vite, laisser la parole à je ne sais quelle experte des violences sexuelles, qui invitera à son tour Adèle Haenel à porter plainte.

    Misère.

    On pourrait éviscérer l’agresseur sur la place publique, danser avec ses entrailles en guirlande autour du cou (programme plaisant certes) que ça ne changerait rien. Et ça été dit : il n’y a pas de lynchage, on ne cherche pas la vengeance. Moi je crois, même si ça, ce n’est pas vraiment dit, et qu’on laisse même penser à un moment que la justice pourrait faire quelque chose, si elle changeait, moi je crois qu’on le sait, qu’il n’y aura jamais de réparation à la hauteur. Quand on s’est fait baisé, eh bien, on s’est fait baisé. C’est le propre de la chose, du crime. Shit is fucked. Alors qu’est-ce qu’il reste à faire ? Eh bien ce qu’elle a fait : parler. Se battre. Déplier ce fatras, avec rigueur et austérité, sur la place publique, en invitant tout le monde à se confronter, à nettoyer l’infinie fosse à purin, à retordre les tordus, bref, à vivre, j’ai envie de dire, en tout cas mille choses plus agissantes qu’un misérable dépôt de plainte, une vulgaire réclamation à la place d’une révolution.

    Et puis, empêcher cette crapule de continuer ses crapuleries, la revanche, eh bien, elle la prise diable ! Mais comme en passant, en visant plus loin. Athéna a transpercé le type avec aisance, évidemment. Depuis sa position de force, certes, ce qui n’est pas donné à tout le monde, mais moi, c’est ce que j’appelle ouvrir des portes, rendre cela possible, partager cette puissance, la multiplier, la déposer sur la table et maintenant, que tout le monde s’en saisisse, bordel, et vite.