Monolecte đŸ˜·đŸ€Ź

Fauteuse de merde 🐘 @Monolecte@framapiaf.org

  • La jet-set des escrologistes, par Nicolas Casaux
    ▻https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10156947033822523
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    Dans le monde anglophone (et parfois aussi dans le monde francophone, pour certains, dont le travail est traduit en français) : George Monbiot, Naomi Klein, Bill McKibben. Dans le monde francophone : Nicolas Hulot, Cyril Dion, AurĂ©lien Barrau, Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Maxime De Rostolan. Il y en a d’autres.

    HabituĂ©s des #mĂ©dias de masse, ils tiennent des #discours qui, malgrĂ© quelques diffĂ©rences ou nuances, forment une mĂȘme et unique perspective, correspondant Ă  la dĂ©finition grand public de l’écologisme.

    Ladite perspective s’appuie sur une Ă©valuation trĂšs partielle de la situation. Sur le plan Ă©cologique, elle tend Ă  rĂ©duire les nombreux aspects de la #catastrophe en cours Ă  un problĂšme de taux de #carbone dans l’atmosphĂšre (rĂ©chauffement climatique), et de « ressources naturelles » que la civilisation (industrielle) doit — condition sine qua non de sa perpĂ©tuation, leur ambition principale — s’efforcer de mieux gĂ©rer. Que les autres ĂȘtres vivants, les autres espĂšces et les communautĂ©s biotiques qu’elles forment possĂšdent une valeur intrinsĂšque, ne se rĂ©duisent pas Ă  de simples « ressources », est rarement Ă©voquĂ©.

    Sur le plan social, lorsqu’ils soulignent des problĂšmes, nos #escrologistes pointent du doigt les #inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques ou le chĂŽmage. Certains vont jusqu’à dire du mal du capitalisme, mais ne critiquent en rĂ©alitĂ© que certains excĂšs du systĂšme Ă©conomique dominant. D’autres fois, ils dĂ©noncent, plus honnĂȘtement, quelque « #capitalisme dĂ©rĂ©gulĂ© » ou « dĂ©bridĂ© » (Naomi Klein dans "Tout peut changer"). Mais ils ne parlent que trĂšs rarement, voire pas du tout, des injustices fondamentales que constituent la #propriĂ©tĂ© privĂ©e, la division hiĂ©rarchique du travail, le #travail en tant que concept capitaliste, des rapports de #domination qu’implique une organisation technique de la #sociĂ©tĂ© — la bureaucratie, l’État. Ils n’expliquent jamais, ou trĂšs rarement et trĂšs timidement, sans rien en tirer, qu’à l’instar de l’État en tant que forme d’organisation sociale, les rĂ©gimes Ă©lectoraux modernes n’ont rien de dĂ©mocratique, qu’ils relĂšvent plutĂŽt de l’#aristocratie Ă©lective, et que leur fonctionnement est clairement verrouillĂ©, garanti et gardĂ© par divers mĂ©canismes coercitifs, y compris par la #violence physique.

    Ils se contentent d’en appeler Ă  une sorte de nouvelle rĂ©volution verte, au moyen d’un new deal vert (Green New Deal) qu’agenceraient les gouvernants. Car aux yeux de nos escrologistes, il s’agit toujours de compter, pour sauver la situation — pardon, la #civilisation, mais aussi la planĂšte, prĂ©tendument, puisqu’il est possible et souhaitable, d’aprĂšs eux, de tout avoir — sur les dirigeants Ă©tatiques ou d’entreprise. New deal vert censĂ© permettre de crĂ©er des tas d’emplois verts, au sein d’entreprises vertes, dirigĂ©es par des patrons verts — une exploitation verte, une #servitude verte —, de donner forme Ă  une civilisation industrielle verte dotĂ©e de commoditĂ©s technologiques vertes, smartphones verts, voitures vertes, etc., alimentĂ©s par des Ă©nergies vertes, et ainsi de suite (on parle dĂ©sormais, de plus en plus, d’énergies "non-carbonĂ©es" plutĂŽt que d’énergies "vertes", ce qui permet, Ă  l’aide d’un autre #mensonge, de faire rentrer le #nuclĂ©aire dans le lot ; partout, vous pouvez remplacer "vert" par "non-carbonĂ©" ou "zĂ©ro carbone", ou "carboneutre", l’absurditĂ© est la mĂȘme).

    Au bout du compte, leur #rĂ©formisme Ă  la noix vise uniquement Ă  repeindre en vert le dĂ©sastre en cours : repeindre en vert les oppressions, les dominations, les injustices. À faire croire qu’il est possible de rendre verte, durable, la civilisation technologique moderne — une rassurance dont on comprend aisĂ©ment pourquoi elle est la bienvenue dans les mĂ©dias de masse, pourquoi elle plait Ă  tous ceux dont c’est la principale ambition. Un mensonge grossier : rien de ce qu’ils qualifient de vert ne l’est rĂ©ellement. Une promesse creuse et, au point oĂč nous en sommes rendus, criminelle. Affirmer, en 2019, comme le fait AurĂ©lien Barrau dans son livre de promotion de l’écologie, pardon, de l’#escrologie, que ce qu’il faut, c’est "que nous nous engagions solennellement Ă  ne plus Ă©lire quiconque ne mettrait pas en Ɠuvre des mesures fermes" (pour tout repeindre en vert), "que les citoyens n’envisagent mĂȘme plus de choisir pour reprĂ©sentant quiconque ne s’engagerait pas" (Ă  tout repeindre en vert), zut alors.

    On peut croire Ă  tout ça. C’est trĂšs con, mais on peut y croire. Surtout lorsqu’on fait partie des puissants, de ceux qui tirent leur Ă©pingle du dĂ©sastre actuel — mais pas seulement, puisque, conditionnement aidant (c’est Ă  ça que servent nos escrologistes) c’est mĂȘme la religion dominante.

    Mais comment font certains pour continuer Ă  dire que nous voulons tous la mĂȘme chose, que nous devrions cesser de critiquer ces #Ă©co-charlatans parce que nous voulons comme eux au bout du compte, que nous sommes tous pareils, etc. ?!

    #greenwashing

    • C’est intĂ©ressant mais Ă  mettre dans le mĂȘme sac des Ă©cologistes plus soft et des imbĂ©ciles heureux ou des suppĂŽts du capitalisme, est-ce qu’on ne fait pas le truc classique de la gauche radicale : se couper des membres et jouer au jeu du plus radical qui se retrouvera tout seul ?

    • @antonin1 : « se couper des membres et jouer au jeu du plus radical qui se retrouvera tout seul »

      Ces gens-lĂ  ne sont pas des amis avec qui je fait des trucs, et sans eux, je ne me sens pas seul. Je crois qu’il faut aussi cesser de s’identifier avec les vedettes mĂ©diatiques et reconquĂ©rir une peu d’autonomie politique...

    • Je pensais surtout Ă  Naomi Klein, pas trop Ă  YAB, Barrau et Hulot, @tranbert. Klein, ses bouquins ont aidĂ© plein de monde Ă  faire le lien entre capitalisme et dĂ©sastre Ă©cologique. D’oĂč mon impression de "plus radical que moi tu meurs" alors que je pense aussi qu’il faut se garder des faux amies et ĂȘtre capable de redire ce en quoi on croit, une Ă©cologie juste et radicale.

      â–șhttp://blog.ecologie-politique.eu/post/Leur-ecologie-et-la-notre

      BALLAST | Naomi Klein : « Le changement climatique gĂ©nĂšre des conflits »
      â–șhttps://www.revue-ballast.fr/naomi-klein

      Tandis que les diri­geants du monde se rĂ©unissent pour « remé­dier » au pro­blĂšme du chan­ge­ment cli­ma­tique Ă  la ConfĂ©rence de Paris, dite COP21, nous retrou­vons l’es­sayiste cana­dienne Naomi Klein, auteure des ouvrages phares No Logo et La StratĂ©gie du choc, dans les bureaux de l’un de ses Ă©di­teurs. La presse gĂ©né­ra­liste patiente Ă  l’ex­té­rieur. Les Ă©lites, nous explique-t-elle, parlent, oui, mais ne font que ça, et tout est entre­pris pour que le grand public n’en­tende rien, ou si peu, Ă  ces vastes enjeux — pour­tant cru­ciaux, et pas seule­ment d’un point de vue Ă©co­lo­gique : et Klein de dĂ©plo­rer le mutisme des for­ma­tions sup­po­sé­ment cri­tiques et Ă©man­ci­pa­trices en la matiĂšre.

    • @antonin1 : "ĂȘtre capable de redire ce en quoi on croit, une Ă©cologie juste et radicale."

      Je ne crois pas que le #Green_New_Deal que soutient #Naomi_Klein entre dans ces catégories...

      Naomi Klein : « Les gens veulent qu’on leur montre un futur oĂč le monde ne s’effondre pas »

      ▻https://www.liberation.fr/debats/2019/11/03/naomi-klein-les-gens-veulent-qu-on-leur-montre-un-futur-ou-le-monde-ne-s-

      Ou alors, j’ai pas tout trùs bien compris.

    • Je comprends tout Ă  fait la rĂ©serve quant Ă  Klein et Ă  son soutien au Green New Deal.
      Par contre, je ne comprends pas qu’elle puisse ĂȘtre placĂ©e au mĂȘme niveau que les autres citĂ©s. L’épaisseur de la pensĂ©e de Klein est tout de mĂȘme d’un tout autre niveau que ces autres personnes, individus mis sur le devant de la scĂšne on ne sait comment ni vraiment pourquoi, mais en tout cas pas par la densitĂ© de leur contribution intellectuelle, et qui fait que l’on comprend tout Ă  fait qu’ils puissent ĂȘtre dĂ©signĂ©s Ă  la vindicte Ă  la façon du premier Ă©ditocrate venu.

    • Ce que je souhaite signifier : Qu’elle dĂ©cide de rallier telle ou telle initiative pour laquelle nous considĂ©rons qu’elle est une ennemie, c’est une chose. Qu’elle soit considĂ©rĂ©e comme une escroc intellectuelle en est une autre. Ses raisonnements et ses contributions ne mĂ©ritent pas d’ĂȘtre mises Ă  la poubelle, comme on se doit de le faire pour le premier escroc venu. L’affrontement n’exclut pas le respect pour les apports intellectuels rĂ©els de ses contributions.

    • Je ne sais pas d’oĂč vient le revirement de Klein, qui est d’habitude trĂšs critique des manƓuvres des gouvernements et des entreprises. Peut-ĂȘtre qu’on a tou·tes en soi quelque chose de soc-dem, une envie de rĂ©formes parce qu’on a peur que ce soit pire sans ?

      Barrau est un vrai escroc, en revanche, car son autoritĂ© scientifique mise au service d’un raisonnement indigent est gerbante. C’est pour ça qu’à mon avis il est plus coupable que les autres, il se prĂ©sente comme un penseur (pas comme les autres qui se prĂ©sentent comme un pilote d’hĂ©lico ou gentil colibri) et c’est une pure escroquerie.

      Descola, d’abord signataire de son micro-texte merdique qui dit que c’est la faute de l’ĂȘtre humain, a ensuite exprimĂ© des choses plus complexes sur quel est l’ĂȘtre humain qui exploite comme ça l’autre et son milieu ? Et c’est bien les classes dominantes d’une civilisation occidentale (rejointe par les autres classes dominantes) qui nous fait cette merde, pas « l’ĂȘtre humain » aliĂ©nĂ©, plus ou moins exploitĂ© et plus ou moins gratifiĂ© par le capitalisme industriel.