Reka

géographe cartographe information designer - rêveur utopiste et partageur de savoirs

  • Les caisses de #grève : une arme décisive… mais contestée –

    CONTRETEMPS
    http://www.contretemps.eu/caisses-greve

    Depuis le 5 décembre dernier et le début de la grève contre la réforme des retraites, les caisses de grève sont un des aspects les plus visibles et les plus débattus de la lutte en cours : les articles à ce sujet se multiplient dans la presse, de nouvelles caisses locales fleurissent tous les jours, et rares sont les AG qui n’abordent pas le sujet d’une manière ou d’une autre.

    #retraite #mouvement_social

    • Que nous dit la multiplication des caisses de grève[1] sur la nature du mouvement en cours ? Au-delà des montants récoltés, le foisonnement des caisses locales donne une indication politique importante : en ce moment, et pour la première fois depuis longtemps, des centaines de milliers de grévistes de divers secteurs cherchent le moyen de « tenir ». Ce foisonnement exprime avant tout leur forte détermination. Quant à l’échelle choisie (celle du dépôt, de la gare, de l’école), elle indique leur volonté de prendre en main leur grève jusque dans ses aspects financiers, en contrôlant par eux-mêmes l’allocation des fonds récoltés. Mais dans la plupart des cas, le lancement d’une caisse locale se résume à ouvrir une cagnotte en ligne et à attendre que les dons affluent, en se contentant de relayer l’initiative sur les réseaux sociaux. Ces caisses sont donc relativement passives et confidentielles, et se retrouvent même souvent en concurrence entre elles : pour toutes ces raisons, elles dépassent très rarement quelques centaines d’euros.

      Ce foisonnement local, avec ses qualités et ses limites, constitue en partie une réponse au vide laissé par les structures syndicales nationales : aucune confédération ne semble accorder la moindre importance à la solidarité financière avec les grévistes (en dehors de la CFDT, mais son rapport à la grève est pour le moins distant…). Si les confédérations syndicales impliquées dans la grève faisaient preuve de la même détermination que les grévistes, par exemple en y dédiant une partie de leurs colossales ressources financières et en annonçant publiquement la mise en place d’une caisse de grève nationale interprofessionnelle, il y a fort à parier que l’effet serait non seulement électrisant pour les grévistes, mais aussi dévastateur pour le gouvernement !

    • parmi les caisses existantes, il en existe une qui pourrait incarner ce pôle d’attraction : celle lancée en 2016 par la CGT InfoCom. C’est la plus massive (500 000 euros disponibles actuellement et plus d’un million d’euros récoltés depuis 2016) et la seule à se donner un champ d’intervention interprofessionnel. Elle a aussi la particularité de chercher à dépasser les frontières syndicales : cogérée par trois structures différentes (CGT InfoCom, CGT Goodyear, SUD Poste 92), elle a également indemnisé des grévistes de toutes étiquettes et des non-syndiqués. Enfin, sa gestion est particulièrement transparente, grâce à une Charte de fonctionnement et à des bilans réguliers.

      https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere