• Aux sources mathématiques des inégalités de richesse
    https://sandbox.cybergrunge.fr/Aux_sources_mathematiques_des_inegalites_de_richesse.pdf

    Un modèle mathématique simple décrit la répartition de la richesse dans les économies modernes avec une précision sans précédent. De quoi remettre en question quelques idées reçues sur le libre marché.

    L’inégalité en matière de richesse s’accroît à un rythme alarmant non seulement aux États-Unis et en Europe, mais aussi dans des pays aussi divers que la Russie, l’Inde et le Brésil. Selon la banque d’investissement Crédit Suisse, la part du patrimoine global des ménages détenue par le 1 % le plus riche de la population mon-diale est passée de 42,5 à 47,2 % entre la crise financière de 2008 et 2018. Pour le dire autre-ment, en 2010, 388 individus détenaient autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit environ 3,5 milliards de personnes ; aujourd’hui, l’organisation non gouvernementale Oxfam estime ce nombre à 26.

    https://www.pourlascience.fr/sd/economie/aux-sources-mathematiques-des-inegalites-de-richesse-18601.php

    #richesses #inégalités #ruissèlement #redistribution #oligarchie

    • Étant donné la complexité des économies réelles, nous trouvons gratifiant qu’une approche analytique simple développée par des physiciens et des mathématiciens décrive les distributions réelles de richesse de plusieurs pays avec une aussi grande précision. Il est également assez curieux de constater que ces distributions présentent des caractéristiques subtiles mais essentielles de systèmes physiques complexes. Et surtout, le fait qu’une esquisse aussi simple et plausible du libre marché fasse apparaître qu’il est tout sauf libre et équitable devrait être à la fois un motif d’inquiétude et un appel à l’action.

      L’article est passionnant. Et ses conclusions sont presque magiques. Avec les outils de la micro-économie, qui plus est, outils utilisés jusqu’à la nausée pour assoir la croyance dans le libre marché...

    • @fil : en fait si. Cela reflète bien que dès la première transaction, l’égalité est rompue et que de cette très légère inégalité de fait, découle la croissance exponentielle des inégalités.
      Et cela dans un modèle où toutes les autres règles de distribution sont neutres… ce qui n’est pas le cas en vrai, puisque la monnaie — à travers le système bancaire privé qui la crée — n’est pas du tout neutre mais favorise les agents proportionnellement à leur fortune.

      Quiconque a déjà lutté contre la pauvreté sait à quel point il est coûteux d’être pauvre.

      James Baldwin

      @biggrizzly : l’article est pourtant une condamnation sans appel du capitalisme en général et du néolibéralisme en particulier avec ses #mythes proprement démontés de la #méritocratie et du #ruissèlement

    • Dans « mon » modèle il y a une neutralité complète : le fait d’être plus riche à un instant t ne fait pas que tu le restes ; la simulation montre simplement qu’il n’y a pas d’"équilibre sur la moyenne" mais un « équilibre sur une distribution » — autrement dit il y a toujours des riches et des pauvres. Pas forcément toujours les mêmes.

      En revanche, si on sort de la neutralité pour donner le moindre % d’avantage aux riches (ce qui correspond un peu plus à la réalité, sinon à quoi sert l’argent), le modèle va diverger encore plus et les fortunes se constituent et perdurent. Il faut donc à l’inverse une certaine inégalité de traitement (un impôt fortement progressif) pour contrebalancer l’"étalement neutre" de la courbe.

      Après c’est juste un modèle à deux balles, le philanthrocapitalisme par exemple n’est pas pris en compte (ok je sors).

    • J’ai fait des études dans le domaine (économie, micro-économie, simulation multi-agent), et ça me parle vraiment. Et j’aurais adoré participer à ces simulations lors de mes études.

      En arriver à plaider pour une redistribution, alors que cela fait des dizaines d’années que l’on nous explique que toutes les interventions pour redistribuer sont vouées à l’échec... c’est génial. On renvoie les hallucinés à leur état d’idéologues dans le déni des réalités pourtant les plus évidentes (à savoir la présence d’inégalités structurelles patentes, ie, cette fameuse oligarchie extrême qui n’existerait pas...).

      Ceci dit, en parler autour de soit, expliquer qu’il est scientifiquement démontrable que « l’état de nature » vanté par les économistes hallucinés qui nous gouvernent, conduit à une situation profondément inégalitaire, ce n’est pas évident. J’ai essayé en réunion tout à l’heure. J’ai manqué de mots pour être clair.

    • merci Philippe pour ton lien ! j’ai essayé aussi de simuler ce problème https://freakonometrics.hypotheses.org/59330 (ou disons la version mieux formulée que le problème de base). Dans le cas où un montant fixe est donné, j’avoue ne pas savoir ce qui se passe asymptotiquement, mais je vais creuser... le problème plus intéressant est de donner un pourcentage fixe de sa richesse ! tout d’abord c’est plus classique en inégalité, mais surtout on converge vers une distribution assez peu inégalitaire !
      quand à l’article de base, je ne le commenterais pas.. les physiciens qui découvrent la science économique, ça me fatigue... juste le titre relève un incroyable mépris « Un modèle mathématique simple décrit la répartition de la richesse dans les économies modernes 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙪𝙣𝙚 𝙥𝙧𝙚𝙘𝙞𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙨𝙖𝙣𝙨 𝙥𝙧𝙚𝙘𝙚𝙙𝙚𝙣𝙩 » (ça me rappelle un vieux coup de gueule https://freakonometrics.hypotheses.org/5617 si un problème très proche)

    • Bé concrètement, est-ce qu’il y a tant de modèles avec si peu de paramètres qui arrivent à correspondre de manière aussi précise à la répartition de tant de pays sur de nombreuses années ? (le rapport entre la simplicité du modèle et la quantité et la précision de ce que ça arrive à décrire)
      Et si oui lesquels, tant qu’à faire. :p