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  • Grand oral du bac : « Cette épreuve n’est pas conçue pour faire échouer les élèves », insiste Jean-Michel Blanquer
    https://www.20minutes.fr/societe/2716863-20200212-grand-oral-bac-epreuve-concue-faire-echouer-eleves-insist

    Ce sera l’une des principales innovations du nouveau bac : le grand oral verra le jour en 2021. Une épreuve qui portera sur un enseignement de spécialité choisi par l’élève en terminale et qui testera sa capacité d’argumentation autant que sa force de conviction. Pour 20 minutes, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, détaille les contours de cette nouvelle épreuve, qui feront l’objet d’un Bulletin officiel publié ce jeudi. L’occasion aussi, pour lui, de revenir sur les perturbations des premières épreuves de contrôle continu (E3C) du nouveau bac.

    Comment se déroulera le grand oral ?

    Il durera 20 minutes, avec 20 minutes de préparation pour l’élève. Il portera sur un enseignement de spécialité que l’élève a choisi en classe de terminale. Il se découpera en trois parties : 5 minutes d’argumentation sans note sur une question que l’élève aura préparée pendant l’année avec ses professeurs. Puis 10 minutes de discussion avec le jury, ce qui permettra au candidat d’approfondir sa pensée et de démontrer sa capacité à argumenter. Et pour finir, 5 minutes où le jeune va expliquer en quoi la question choisie éclaire son projet de poursuite d’étude.

    […]

    Cet oral sera coefficient 10. Cela ne risque-t-il pas de pénaliser les élèves qui ne le réussiront pas ?

    Cette épreuve n’est pas conçue pour faire échouer les élèves. Les deux derniers mois (mai et juin) seront particulièrement mis à profit pour s’y préparer. Par ailleurs, affecter un gros coefficient à cette épreuve, c’est envoyer un message à tout le système scolaire sur l’importance de la prise de parole en public.

    Ah oui, faisons la promotion des connards à grande gueule (l’aspect discrimination contre les filles me semble assez évident, mais bref…). Je me souviens très bien de comment j’étais à l’âge du Bac : totalement paniqué quand il fallait se présenter en public. Les examens de piano du conservatoire, j’avais chaque année des larmes dans les yeux, je ne voyais plus les touches ; une fois j’ai failli tomber de la scène parce que je ne voyais pas les marches. Au Bac, je tremblais à toutes les épreuves orales (et, hormis l’anglais, je me suis vautré à toutes). Cette difficulté à être testé en public, ça a duré encore quelques années après.

    J’ai fait beaucoup de progrès par l’expérience d’uZine puis SPIP, mais ça a pris du temps. Et je ne comprends toujours pas pourquoi la capacité à gérer « la prise de parole en public » aurait la moindre importance pour la plupart des gens, et encore plus avec un coefficient 10. Même le fait d’être à l’aise pour parler en public, maintenant, je m’en méfie, parce que ça tourne assez systématiquement à parler à la place de quelqu’un d’autre, ou à gagner une discussion non sur l’argumentation mais justement sur la facilité à réagir vite.

    Je pense même que les seuls capables d’être vraiment à l’aise à 17 ans, c’étaient les bons gros abrutis qui se la jouaient mâle-alpha des lycées.

    Mais je suppose qu’il ne faut pas s’étonner qu’un politicard projette sur l’ensemble de la société son seul et unique talent : parler à la place des autres et avoir le dessus par la rhétorique sur les gens qui ne sont pas d’accord.