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La comparaison faite par Agamben entre le Coronavirus et le « terrorisme », en revanche, est des plus révélatrices. Je pense qu’il fait référence aux attaques d’Isis ces dernières années. Il y a toute une mécanique d’analogie non critique à l’œuvre ici. Un mouvement politique créé par l’homme n’est pas du tout analogue à la propagation d’un virus. Les attentats d’Isis, qui n’étaient pas une invention, ont peut-être donné lieu à des expériences de contrôle à différents niveaux, et se sont à leur tour nourris de ces réactions, mais ce ne sont pas des phénomènes devant lesquels on peut réagir sans violence et donc sans l’exercice du pouvoir. Qui veut ou doit alors prendre en charge le problème est une autre paire de manches, mais émerge le problème de base des propositions théoriques qui, bien que valables et éclairantes sur de nombreux aspects, ne semblent jamais poser le problème de la véritable alternative. Même lorsque l’État fait l’expérience de l’exception à la suite d’attaques, notre critique ne doit pas superposer mécaniquement toutes les initiatives prises par l’État les unes aux autres, en les noyant dans une analyse uniforme, car si nous avons précisément l’intention de le remplacer par autre chose, nous devons imaginer ce que nous ferions si nous avions des responsabilités publiques dans cette situation. On se rendrait alors compte que certaines des mesures répressives (par exemple les fouilles, les interrogatoires, les contrôles sur les routes) seraient les mêmes que celles qu’une force révolutionnaire prendrait dans des conditions similaires (cela arrive par exemple au Rojava). Il est probable qu’une force révolutionnaire irait même à l’encontre de l’extrême droite, islamique et non islamique, avec moins de complexes sur le plan politique, et aussi avec moins d’ambiguïté.