Supergéante

Retoquée profesionnelle.

  • #travail en #quarantaine/#confinement

    Ça fait plus d’un mois que je suis contrainte de travailler depuis chez moi, chose que j’avais décidé de cesser de faire depuis plusieurs années, pour ma santé mentale et pour le bien de mon entourage. J’ai rejoins un atelier collectif autogéré où sont basés des associations bruxelloises et des individus supers. On travaille tous sur nos trucs, mais on est aussi partie prenante du projet de lieu de travail collectif, on mange ensemble, on partage nos vies de débrouille, nos joies et nos colères. On y fait des réunions, on prête notre local aux assos qui en ont besoin. On a vu y grandir nubo (https://www.nubo.coop/fr) par exemple. Bref, on vit, on y voit les gamins grandir, on partage les frais etc.

    Et pour moi, même si je passe énormément de temps à l’école dans laquelle je travaille principalement en ce moment, c’est le lieu où je prépare les cours, où je bosse sur mes trucs, où je souffle pour lire des essais avec mon chien à mes pieds. J’ai longtemps travaillé chez moi avant ça, mais je vivais seule, j’avais une pièce dédiée ou j’agissais comme une ourse myxomatosée sourde à tout rythme collectif.

    Comme je suis à risque (on pourrait revenir sur ça, mais bon, une autre fois) je n’y vais plus. Si j’avais oublié pourquoi j’avais arrêté de travailler dans mon salon, cette quarantaine est une bonne piqûre de rappel.

    Déjà, j’ai plus l’âge de bosser ordi sur les genoux. Et du coup, j’ai besoin d’un minimum de confort et d’ergonomie sinon, j’ai mal. Donc, j’ai été chercher tout de suite à l’atelier mon siège chinois à 70€ , qui si il n’est pas une super chaise herman miller, fait le job : des accoudoirs, un repose-tête, une hauteur réglable etc... Rapatrié aussi mon écran supplémentaire, une souris et un clavier. Troqué mon ordi portable de maison contre un que j’avais récupéré, moins puissant mais avec un grand écran aussi (au passage, il était sous linux mint basé sur ubuntu, quelle galère, quelle usine à gaz même sous xfce. Il est maintenant sous LMDE et c’est magique). Je me suis dit que ça irait, mais après des journées complètes de vidéoconférence, j’ai du constater qu’il me manquait plusieurs outils pour que je puisse tenir encore longtemps.

    Je me suis donc résolue à commander à une chaîne d’électro-ménager locale qui livre encore, un casque fermé avec micro, premier prix, qui me permet de ne plus avoir les oreilles qui sifflent en fin de journée et qui m’évite de devoir hurler (et donc déranger tout le monde dans ce fameux salon-cusine-salleàmanger). Et puis aussi un disque dur supplémentaire et un hub usb, pour ne pas devoir tout débrancher tout le temps. A ça, on ajoutons : les frais d’électricité, de papier, d’impression pour ma pomme. Une table dédiée (que j’avais déjà ouf), les boites de bouquins et de papier qui s’entassent. Voilà pour l’attirail.

    Un coin de la salle commune est donc réquisitionné pour bosser, je ne dis pas ça pour me plaindre, je dis juste que ça fait quand même déjà pas mal de conditions pour que ça puisse fonctionner, je trouve ça dingue qu’on puisse penser que c’est une bonne idée ce télétravail à domicile. Sans ça, je ne pourrais pas travailler chez moi, aujourd’hui à 45+. J’ai pu le faire à 25, je ne pourrai plus aujourd’hui. Et avec tout ça, c’est à dire un aménagement plutôt favorable, et bien certains jours, j’en ai plus que marre. Et puis le lendemain, ça va un peu mieux.

    Je voulais juste poser ça là.

    • merci @supergeante de partager ici, est-ce que tu ressens comme moi une modification de la temporalité. La lenteur, l’attente, une sorte de mode pause, comme un temps de respiration d’un ressac infini qui bloque les capacités de raisonner. Ce ralentissement qui s’accorde au silence de la ville, certains jours je suis incapable de faire quoique ce soit. Mes larmes montent vite, je les laisse faire leur vague et d’autres fois je me lève à 6h je pars marcher quand il n’y a personne, je m’active incroyablement jusqu’au soir. Je dois m’épuiser pour dormir enfin.
      Je viens d’apprendre que je fais partie de celleux qui regarderont le monde reprendre sans elleux.

    • Les problèmes de sommeil, c’était ma principale crainte avec le confinement et les occasions de se dépenser qui sont moindres. (J’aime pas le sport mais je me déplace à vélo.) Je me suis fait très peur mais ça va mieux.

      Côté équipement, j’improvise. Mon employeur m’a payé un ordi portable qui me permet de compartimenter et de bosser mieux mais je m’assoie comme je peux et je me paye un gros mal de dos.

      Clairement, le télétravail renvoie chacun·e à ses moyens pour aménager au mieux ses conditions de travail et c’est pas toujours une réussite.