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  • « Le solutionnisme technologique restreint complètement nos imaginaires politiques »
    https://lundi.am/StopCovid-Le-solutionnisme-technologique-restreint-completement-nos-imaginaire

    C’est ce que des informaticiens militants de longue date comme Eben Moglen ou Philippe Aigrain désignent sous l’expression de « dictature de la commodité ». Elle fonctionne depuis des années avec la carte d’identité plastifiée. Et c’est encore la stratégie que poursuit aujourd’hui le gouvernement avec son application Alicem, une application pour smartphone qui permettra de s’authentifier par reconnaissance faciale pour accéder aux services publics numériques. Montrer son visage devant la webcam de son smartphone ou de son ordinateur, c’est a priori bien plus rapide et pratique que d’avoir à retenir son nom d’utilisateur et son mot de passe. Et c’est sur cela que compte l’État pour imposer doucement la reconnaissance faciale comme mode d’identification. À partir d’août 2022, le ministère de l’intérieur commencera d’ailleurs à déployer la carte nationale d’identité électronique (CNIE), suivant des spécifications prévues par l’Union européenne à travers un règlement adopté en juin 2019. La puce de cette carte contiendra notre empreinte faciale et pourra à terme être utilisée pour s’identifier à travers la reconnaissance faciale, lors de contrôle policiers dans la rue ou dans différents guichets.

    La crise du Covid-19 risque d’ailleurs de participer à légitimer ces déploiements : outre la praticité, on vantera aussi l’aspect « sans contact » de la reconnaissance faciale, comme le fait déjà la police aux frontières étasunienne en expliquant que, en contexte pandémique, la reconnaissance faciale est plus « hygiénique » que les papiers d’identité.